Ce palais a été construit par Hanum-Dagan à la jonction des XXIème et XXème siècles ; le nom de celui-ci fut inscrit sur la crapaudine de la porte de l’entrée370. Comme nous l’avons déjà signalé, Hammourabi de Babylone est responsable de la destruction du palais de Mari en 1760 av. J-C. Les traces de cette destruction sont multiples : poutres carbonisées, décombres résultant d’un incendie, restes d’escalier brûlé dans la salle 23, débris d’une poutre carbonisée dans la pièce 153, charbon de bois omniprésent dans les éboulis et enduit de murs rougis par le feu371.
Le palais mesure environ 180 m du Nord au Sud et 130 m d’Est en Ouest et Est de forme rectangulaire372. Cet édifice a fourni une documentation exceptionnelle, par rapport aux autres palais, qui permet d’avoir une connaissance approfondie de l’architecture palatiale de la fin du IIIème millénaire et au début du IIème millénaire. Rares sont les palais qui donnent une information aussi complète sur cette architecture : le palais de Larsa et le palais d’Assur sont des exemples incomplets, et dans ce cas, il est difficile de faire une étude claire sur l’architecture royale.
Comme nous l’avons indiqué précédemment, cet édifice a connu une longue durée d’occupation durant laquelle il a subi de multiples transformations. La phase finale est en réalité le résultat de nombreuses modifications (ouvertures murées, création de nouvelles portes, rétrécissement de portes, disparition de murs et adjonction de murs). Nous allons essayer de mettre en évidence les plus importantes de ces transformations de façon détaillée afin de mieux cerner la date de construction du palais.
Toutes les campagnes de la fouille qui se sont déroulées dans le palais de Mari ont permis de découvrir des secteurs aux fonctions très diversifiées. Nous allons tenter de présenter les zones les plus importantes en s'appuyant sur les vestiges archéologiques et les études des textes concernant ce bâtiment.
Parrot A., 1938, p. 10.
Margueron J.-C., 1990a, p. 424.
Margueron J.-C., 2004, p. 459.