Ce secteur se situe dans la zone sud du palais et il est caractérisé par une forme polygonale irrégulière dont tous les bords sont très précisément tracés457. En général, les murs de l’unité ne furent pas trouvés dans un bon état de conservation, tels que les murs des salles 218 et 219 ; par exemple, dans le couloir 68, seule l’élévation des murs fut préservée458. Ce dernier couloir avait une grande importance dans ce quartier : il assurait un accès rapide et facile entre les quartiers nord et ouest du palais et du secteur F.
L’organisation de ce secteur montre l’existence d’un dispositif général composé de grandes salles étroites, allongées, et rassemblées en quatre groupements : 1- Les salles 215, 216, 217 et 218 ; 2- Les pièces 121, 122, 123, 219, 220 et 221 ; 3- Les salles 124, 125, 126, 127, 128 et 129 ; 4- Les pièces 255, 256, 226, 225, 224, 222 et 223. Chacun de ces groupements disposait d’un système d’accès indépendant.
Ceux sont les aménagements des salles (216/217/218/122/220) qui méritent le plus notre attention dans les groupes de la première unité. Les quatre premières salles disposaient de banquettes459 construites en briques crues et creusées sur leur face supérieure de cavités dans lesquelles du charbon de bois a été retrouvé : ces éléments ont permis d’identifier ces aménagements comme étant des foyers de transformation du métal (nous y reviendrons plus tard). La salle 220 (fig. 52) a interpellé le fouilleur quant à sa fonction. Elle était placée entre les salles 122 et 216 et on y a mis au jour des peintures murales et trois grands tiroirs installés dans une banquette dans l’angle nord-est. Ces étranges découvertes poussèrent le fouilleur460 à s’interroger sur le rôle de cette pièce ; il pensait que cette salle était un réfectoire réservé aux maîtres artisans et aux fonctionnaires. L’examen de cette salle, en 1966461, a montré que c’était en fait un lieu de stockage comme le groupe voisin, formé par les pièces 215 et 218. Les découvertes archéologiques suivantes sont des éléments en faveur de la thèse consistant à considérer ce lieu comme étant une réserve :
L’étage de ce secteur semble avoir été occupé par les appartements royaux. Ce sont la présence de peintures murales, tombées du premier étage, qui confirment cette hypothèse. Une étude a été menée sur l’ensemble du palais et sur les techniques de construction utilisées qui sont d’une grande qualité464. Les constructeurs ont creusé en profondeur, sur toute la superficie du secteur, afin d’installer les fondations solides, qui comportaient en moyenne douze assises et parfois treize. Ces fondations solides avaient certainement pour fonction de soutenir un édifice pourvu d’un étage. Les peintures murales retrouvées dans ce secteur étaient identiques aux celles du mur méridional de la cour 106, datées de l’époque de Samsi-Addu465 : il est donc vraisemblable que ces travaux remontent à l'époque de Samsi-Addu.
Le couloir 68 avait une grande importance dans ce secteur : il assurait la communication rapide et facile entre les quartiers nord et ouest du palais et le quartier de des secteurs F et G. Par ailleurs, l’importance de ce lieu est du en partie à ses aménagements qui nous ont donnés une connaissance essentielle sur quelques techniques utilisées dans l’architecture royale. Il s’agit de trois canalisations en éléments de céramique emboîtés verticalement les uns dans les autres et noyés dans du gros œuvre (fig. 53). (Nous discuterons la fonction de ces canalisations plus tard).
Des indices de modifications apparaissent dans cette unité : quelques portes furent retrouvées obstruées, puisqu’on a trouvé dans le mur nord de la salle 121, une niche et une autre dans le mur sud de la pièce 124, correspondant à des anciennes portes. Dans la salle 125, il y avait deux niveaux superposés, le plus ancien contenait des latrines en relation directe avec un puisard se trouvant dans le couloir 139466. Dans le couloir 68, ont été observés des traces des remaniements : la paroi ouest qui était percée d’une porte donnant accès à la tribune 66, fut retrouvée murée. La porte 117-68 subit une autre modification assez importante : il s’agit d’un escalier en briques cuites qui partait de l’angle sud-est du couloir 68 et montait vers la salle 117. Cet escalier débordait de trois marches dans le couloir et les autres étaient aménagées dans l’épaisseur du mur. Cette installation a été considérée comme une modification datant de l’époque de Zimri-Lim ; en effet, la septième marche avait une brique estampée de nom de ce roi467. Durant la première phase, cet escalier fut complètement aménagé dans la salle 117, et il assurait la communication entre celle-ci et la salle 124. Pour une raison inconnue, cette porte fut murée durant la dernière phase d’occupation, un autre passage fut ouvert dans la partie sud du mur et nécessairement l’escalier fut reculé et en partie rejeté dans le couloir 68468.
Parrot A., 1958a, p. 268.
Idem, p. 280.
Idem, p. 286, 289-292.
Idem, p. 294.
Parrot A., 1967, p. 3-4.
Margueron J.-C., 2004, p. 471.
Idem, p. 471.
Margueron J.-C., 1982b, p. 272.
Parrot A., 1958a, p. 281-282.
Margueron J.-C., 1982b, p. 273.