Comme nous l’avons déjà indiqué493, la partie méridionale du palais contenait des salles très étroites dont cinq (215-216-217-218-122) comportaient des banquettes (fig. 57 et 58). Les banquettes des quatre premières salles étaient en terre munies de cavités dans lesquelles fut retrouvé du charbon de bois. On a découvert un grand nombre de jarres, dans les salles 221, 220 et 218, et des bases de jarres à l’intérieur de certaines cavités (salle 216).
Toutes ces données montrent que cette zone a servi de réserve de jarre telles que l’indiquent les diverses installations. Il se peut que chaque cavité fut destinée à caler une jarre et il est possible d’envisager l’utilisation de dispositifs complémentaires faits en bois qui auraient permis de mieux caler les jarres494 : le charbon, retrouvé dans les cavités, pourrait être soit des restes de ces installations en bois soit des cendres produites par un feu qui détruisit le bâtiment.
Ce secteur doit donc être considéré comme une réserve abritant des jarres. De plus, l’existence d’un espace fermé et non éclairé semble confirmer cette théorie495. Celui-ci semble avoir souffert d’un problème d'évacuation des fumées (il n'existe aucune trace de conduit d'évacuation fumées) et de renouvellement de l'air496. Tous ces éléments vont à l’encontre de l’hypothèse d’A. Parrot qui y voit plutôt la présence d’un atelier497 ou bien encore d’une habitation.
Le couloir 68 permettait de faire communiquer le secteur des réserves avec celui destiné aux esclaves ; de ce dernier secteur on pouvait accéder à la zone consacrée aux services alimentaires. L’organisation de la zone nous conduit à penser que les architectes ont tracé les plans de ce secteur en tenant compte d’une certaine logique : en effet, l’objectif consistait à transporter rapidement et facilement des denrées provenant des réserves jusqu’au secteur des services alimentaires. Ainsi, les serviteurs entraient dans le secteur des dépôts afin de prendre les produits nécessaires, puis ensuite ils retournaient dans leur secteur afin d’emprunter le couloir (99 bis) permettant de rejoindre le secteur des fours, destiné à la préparation du pain et des gâteaux.
Les aménagements dégagés dans cette partie des réserves étaient identiques à ceux retrouvés dans d’autres pièces jouant un rôle économique, telles que les pièces498 24, 25 et 16 : celles-ci possédaient des banquettes creusées dans lesquelles on y calait les jarres. Nous nous demandons pour quelles raisons les pièces à caractère économique n’étaient-elles pas regroupées dans une seule et même zone du palais. Qu’est-ce qui justifie cet éparpillement ? Nous pensons qu’il était essentiel d’aménager différents dépôts dans l’ensemble du palais afin de répondre aux exigences économique de chaque zone palatiale. Ainsi, les salles 24 et 25 étaient des dépôts conservant les produits de consommation destinés à la maison des femmes. La salle 16, située dans le secteur officiel, devait probablement servir de lieu de stockage dans cette zone. L’existence d’une pièce à fonction économique à proximité de chaque secteur du palais semblait être le seul moyen efficace permettant de transférer les produits alimentaires avec rapidité et facilité dans tout le palais.
Cf. ci-dessus, p. 135.
Margueron J.-C., 1982b, p. 337-338.
Cf. ci-dessus, p. 131.
Margueron J.-C., 1982b, p. 337.
A. Parrot a examiné les salles (215-216-217-218) et leur a attribué la fonction d’ateliers, Parrot A., 1958a, p. 288-291.
Parrot A., p. 188-189, 94-96, et 1959, p. 141.