Les dimensions de cette pièce, sa majesté mais aussi ses aménagements montrent que c’était une salle du trône. Les caractéristiques suivantes confirment la fonction officielle de ce lieu :
Selon les nouvelles recherches,531 la salle du trône était consacrée à plusieurs activités telles que l’accueil des personnages que le roi devait rencontrer (comme les ambassadeurs d'autres grandes cités) et l’organisation de festins.
La salle, abritant la première fonction et se situe dans le secteur officiel, était plus solennelle que les autres salles du palais de Mari ; dans ce cas, il est logique d’y recevoir des délégations et des ambassadeurs d’autres pays. Une autre pièce jouait exactement le même rôle, (salle 34532), mais nous ne pouvons pas donner à cette dernière la même importance que la salle 65. En effet, elle se situe dans les appartements privés du roi et elle est plus petite et moins raffinée que la salle du trône ; il était donc possible d’accueillir les fonctionnaires du roi, mais il n’a peut-être pas permis de recevoir les visiteurs venant d’autres villes.
Concernant la seconde fonction, l’examen de l’organisation et l’analyse des circulations nous ont conduits à remarquer qu’il existait une relation étroite entre la dernière salle et le secteur des services alimentaires consacrés à la préparation des pains, des gâteaux et des autres mets. Ces éléments semblent prouver que c’était à cet endroit que l’on organisait les festins. La découverte de nombreux récipients dans les dépendances, tels que six grandes jarres d’une hauteur moyenne de 1 m (dans la salle 80533), une grande quantité de tessons de grosses jarres (dans la salle 82534), et huit grosses jarres (salle 78535) destinées au stockage de plusieurs denrées, renforce l’hypothèse que des banquets s’y déroulaient.
Quelques spécialistes ont conféré à la salle 65 une vocation religieuse : selon eux, on devait y célébrer la fête du kispum536. L’étude des aménagements peut nous permettre plus ou moins d’identifier la fonction de la pièce 65. Devant la tribune, on découvrit un fragment de sol bitumé constitué de 49 briques, un système d’évacuation des eaux ainsi que des petits foyers. Ce dispositif répondait peut-être à des exigences rituelles. Peut-on attribuer ces rites à la fête du kispum ? Cette cérémonie, consacrée aux ancêtres morts, était considérée comme un grand moment cultuel. Pendant que le roi célébrait cette cérémoniedans sa demeure, chaque famille en faisait de même chez elle. Ce culte comprenait des rites, des sacrifices et des repas. Certains de ces rituels étaient liés à la présence de tombes, mais les recherches menées dans la salle du trône n’en ont livré aucune. Cela nous conduit à proposer deux hypothèses : soit les pratiques rituelles qui s’y déroulaient ne concernaient pas cette fête537, soit ces aménagements correspondaient à d’autres fonctions.
Margueron J.-C., 2003, p. 479-480.
Margueron J.-C., 1982b, p. 357.
Parrot A., 1958a, p. 147.
Idem, p. 150.
Idem, p. 155.
Hrrouda B., 1971, p. 157, Alkhalesi Y., 1978, p. 26 et Margueron J.-C., 2004, p. 479.
Nous ne pouvons pas affirmer que les pratiques rituelles se déroulaient dans cette salle, car la salle 81était une dépendance de la salle du trône et possédait un podium de briques crues : l’existence de celui-ci témoigne néanmoins de la fonction religieuse de cette zone.