Comme nous l’avons déjà indiqué, cette salle était une dépendance de la cour 106 avec laquelle elle constituait une unité structurale importante dans le palais de Mari. Au milieu de son long côté méridional, un majestueux podium538 a été retrouvé dans un bon état de conservation. Au pied de ce podium, on a découvert la statue de la déesse au vase jaillissant, dont la tête a été trouvée dans le bassin de la cour 106. Nous pensons que ces caractéristiques peuvent nous aider à préciser sa fonction.
Un épigraphiste pense que le papahum fut utilisé comme lieu de réception où l’on offrait des banquets aux messagers du roi539. L’examen du plan de la salle 34540 nous indique que cette pièce occupait une place importante dans les appartements royaux, car elle était destinée à accueillir les réceptions données par le roi pour les hauts fonctionnaires, admis à accéder à sa maison privée. Cette dernière salle présente un plan identique à celui de la salle 64, mais l’aménagement de la dernière pièce, munie d’un podium et la présence de la statue de la déesse au vase jaillissant, ne nous permettent pas de confirmer cette fonction. Par ailleurs, comme nous l’avons déjà mentionné, la salle du trône avait une fonction de réception, on y organisait des banquets. L’aménagement des salles voisines et sa relation évidente avec le secteur du service alimentaire attestent bien de ce rôle de salle de réception.
Selon certains spécialistes541, cette zone était une salle du trône. Cette thèse n’est pas acceptable, parce que contrairement au podium de la salle 65, construit en pierre, celui de cette salle était fait de briques crues recouvertes de plâtre et ornées de peintures murales qui ne correspondent pas aux exigences d’un support de trône. Selon H. Lenzen542, cette pièce était, durant la première phase, une cella de temple : nous trouvons que cette fonction est convenable, parce que le terme de papahum désigne peut-être une chapelle située dans le temple. D’ailleurs, il existait des similitudes entre l’autel de la chapelle 150543 et le podium de la salle 64 qui étaient tous deux recouverts de peintures murales. Cependant l’analyse des emplacements des deux pièces montrent des incohérences : en effet, la chapelle 150 se trouvait dans le secteur sacré alors que la salle 64 se situait dans le groupe officiel qui était destiné aux activités politiques. L’examen des plans d’autres palais mésopotamiens montre que le secteur sacré était généralement indépendant du secteur officiel : c’est le cas dans le palais de Tell Asmar datant des dynasties amorites. Celui-ci présente un plan clair disposant d’un temple, d’un secteur officiel et d’une chapelle544. Il est possible d’affirmer que cette pièce n’était ni une salle de réception ni une cella ni une salle de trône. Les aménagements, l’emplacement de cette pièce dans le secteur officiel, le mobilier retrouvé (la statue de la déesse au vase jaillissant), la traduction du terme « papahum » et la décoration de type religieux nous permettent de conclure que la salle 64 avait à la fois un rôle religieux et officiel.
Cf. ci-dessus, p. 125.
Durand J.-M., 1987, p. 59.
Margueron J.-C., 1982b, p. 357.
Vaux R., 1958, p. 416-423 et Cf. ci-dessus p. 75.
Margueron J.-C., 1982b, p. 352.
Idem, p. 358.
Cf. ci-dessus, p. 38.