On a retrouvé dans le sous-sol de cet édifice plusieurs tombeaux construits. Le premier fut découvert sous la pièce I (fig 66). Avec une forme presque carrée (2,65 x 2,50), c’était une salle établie en briques cuites, voûtée en encorbellement dont la hauteur atteignait 2,40 m. Chacun de ses côtés était garni d’un contrefort médian qui se fondait dans l’encorbellement. On a remarqué dans les parois nord-est et sud-ouest trois emplacements des poutres. Celles-ci montrent que la tombe a été couverte573. La seconde tombe se situe contre le tombeau précèdent. Cette tombe se possédait une forme allongée (1,50 sur 2 m) et était construite en blocs du gypse, également voûtée en encorbellement. Elle était recouverte par des dalles transversales574 .
Un autre hypogée a été découvert sous la salle du trône (fig. 67) lors de la campagne de 1984, mais il n’était pas bien conservé. De forme rectangulaire (6,80 m x 3,70 m), il était construit en briques cuites et voûté en encorbellement575. Cette tombe se compose de cinq espaces :
On n’a retrouvé dans cet hypogée de la salle du trône qu’un seul squelette, quelques perles en or et des éléments d’incrustation de coffrets579 (fig. 68). Nous pouvons dire que ce mobilier est infime par rapport au nombre de tombes et leurs dimensions. Selon nous, peut-être Hammourabi le babylonien aurait saisis les trésors de cette tombe lorsqu’il détruisit la ville.
L’existence de ces tombes sous le sol de cet édifice prouve qu’il servait aussi de palais- hypogée où avait lieu la pratique funéraire. La question qui se pose à présent est de savoir pourquoi cette fonction trouvait une place dans cet édifice et non dans le grand palais royal. Selon l’auteur580, le grand palais comportait un secteur sacré. Ce secteur ne pouvait pas recueillir d’ossements humains impurs. Il était donc impossible d’enfouir les rois morts sous la terre du palais qui était devenu sacré. L’hypothèse du fouilleur est logique, mais il est possible de définir une autre raison : le grand palais devint le lieu officiel et administratif d’où le roi dirigea son royaume et où il reçut ses convives (ambassadeurs, souverains etc.). Dans ce cas, il n’est pas possible d’attribuer à ce grand monument consacré aux travaux d’Etat cette fonction funéraire. C’est pourquoi on édifia un palais-hypogée.
Enfin, nous pouvons conclure que ce monument joua un rôle funéraire sacré. Cette caractéristique n’était pas beaucoup partagée avec les autres palais mésopotamien. Nous expliquerons ce point en détail dans la deuxième partie (étude comparative).
Idem, p. 356.
Idem, p. 356.
Margueron J.-C., 2004, p. 358.
Idem, p. 360.
Idem, p. 361.