Dans la phase 4, au coin sud-est de la pièce L,une paroi de division, courbée et construite en briques crues fut installée, ce qui aboutit à produire une petite pièce dont la fonction n’est pas définie exactement à cause de la variété de ses aménagements et des objets qui y ont été découvert. Le revêtement du sol était en jonc et des nattes de jonc avec de l’asphalte. D’après les fouilleurs, ce revêtement n’avait aucune relation avec les tablettes et les scellements qu’on y a retrouvés640.
Nouspensons que cette petite chambre avait une vocation économique. Notre hypothèse est renforcée par l’existence de récipients de stockage destinés aux céréales et à d'autres produits alimentaires. De plus, au milieu du sol, se trouvait un trou rond qui formait avec l’asphalte un système d’évacuation des eaux usées. La présence de ce système présente un autre argument penchant sur son attribution économique, car les magasins dans plusieurs palais mésopotamiens possédaient un tel système pour nettoyer les jarres. La découverte de plusieurs tablettes ici ne pose aucun problème pour cette identification, puisque ces trouvailles ne se trouvaient peut-être pas à leur place d’origine, il est probable qu’elles soient tombées d’un étage. Au sujet des scellements, il est normal de les retrouver à une pièce à vocation économique, car dans les autres palais mésopotamiens de tels objets furent retrouvés dans les zones d’activités économiques et utilisés pour sceller les jarres de stockage et les portes (contrôle du matériel stocké dans les différentes unités du palais).Concernant les nattes de jonc, nous pouvons proposer deux hypothèses :
L’existence d’une porte dans la salle L, qui permettait de rejoindre avec l’extérieur du palais, donne un autre argument sur sa destination économique : cette pièce permettait d’amener le matériel destiné à être stocké sans passer un long chemin. Cette caractéristiquese retrouve dans le secteur économique du palais de Bilalama de Tell Asmar, comme nous le verrons par la suite.
Les découvertes de la salle M sont identiques à celles de la pièce précédente. On y a retrouvé les tablettes, des scellements, des jarres de stockage et de cuirs de bœuf ficelés642, appartenant à la phase 4, mais peut-être aussi à la phase la plus ancienne 3. A l’exception des tablettes et de cuir de bœuf, d’autres objets nous permettent d’y voir un magasin, comme la salle L. Peut-être les tablettes étaient-elles tombées d’un étage, mais en ce qui concerne les cuirs de bœuf ficelés, nous ne pouvons pas présenter une explication certaine de sa présence à cet endroit. Peut-être, faisaient-ils partie des meubles simples utilisés dans cette pièce par un esclave qui y travaillait. En effet, de nombreuses régions rurales du Proche-Orient utilisent encore de nos jours les cuirs d’animaux comme tapis.
Dans l’époque finale de la vie du palais, chacune des salles M et L était percée d’une ouverture donnant accès direct à l’extérieur de l’édifice. Il est probable qu’on aménagea ces portes pour apporter à ces deux pièces les matériaux qu’on stockait facilement. Dans ce cas, les animaux de transports pouvaient rester en dehors du monument, il n’était donc pas nécessaire de leur attribuer une place à l’intérieur du palais.
Dans la salle F une grande jarre cassée (fig. 74) fut mise à jour, se trouvant dans une cavité un peu inclinée643. Ce récipient appartient à la phase 3 du palais, a été ouvert latéralement pour pouvoir le vider de son contenu facilement. D’après les fouilleurs644, cette jarre était destinée à la réserve d’eau. On a retrouvé dans le grand palais de Mari, des jarres identiques, enfouies, dont l’ouverture effleurait au niveau du sol dallé, étaient probablement des petites réserves d’eau645. Au Sud-Est de la cour B, l’espace Bc servait encore dans la phase 3 de réserve où on a retrouvé plusieurs grandes jarres cassées646.
De grands pots d’une forme différente furent retrouvés dans le palais du Tuttul. D’après les fouilleurs, ceux-ci étaient déposés sur des étagères du bois, attribuées aux réserves d’eau. L'eau était refroidie par la vaporisation sur la base d'une paroi poreuse du récipient. Ces jarres pouvaient être munies au milieu du sol d'un écoulement en forme d'embout qui était peut-être connecté à un tuyau flexible servant à la distribution du contenu dans un plus petit récipient.647.
Sur des étagères de bois se trouvaient de nombreux réceptacles en forme de becs tubulaires. D’après les fouilleurs648, ces récipients étaient destinés aux boissons.
Idem, p. 9.
Miglus P. A., Strommenger E., 2007, p. 26.
Miglus P. A., Strommenger E., 2007, p. 9.
Idem, p. 9.
Concernant les éléments retrouvés dans ce secteur, idem, p. 163-177.
Idem, p. 48.
Idem, p. 9.
Idem, p. 9.