Ce palais présente des aménagements qui peuvent mettre en évidence les fonctions de ses secteurs fouillés. Ce qui attire l’attention dans ces installations, ce sont les aménagements domestiques et de réserve existant dans plusieurs pièces. Ces aménagements montrent que cet édifice était probablement une résidence pour les rois de Šubat-Enlil. L’existence de pièces qui peuvent jouer un rôle officiel prouve que le palais servait aussi très probablement de centre administratif et politique. Il faut indiquer que nous ne pouvons pas présenter toutes les mêmes fonctions que nous avons identifiées dans d’autres palais à cause de la fouille partielle tels que le secteur d’entrée et la maison du roi. Pour cela, nous allons seulement définir les secteurs fouillés en s’appuyant sur leurs installations et leurs plans.
Nous avons indiqué plus haut que la partie centrale du palais était occupée par les espaces 4 et 20 et les grandes pièces 1, 2/3, 5 et 6. Les fouilleurs736 estiment que ce secteur possédait une fonction officielle puisqu’on y trouve des salles de réception (1, 2/3, 4, 5 et 6) et une salle du trône 20737. L’emplacement de ces pièces au centre du palais et leurs dimensions sont probablement les raisons qui mènent les fouilleurs à adopter cette hypothèse.738.
Pour discuter les dernières théories des fouilleurs, il faut tenir compte des dimensions des pièces de ce secteur, de leur emplacement, de leurs installations et des secteurs voisins. Les pièces 4, 1 et 20 étaient plus grandes que les autres pièces du palais. D’après les règles architecturales des palais mésopotamiens, les salles à vocation officielle qui étaient destinées à la réception des convives des rois étaient les plus grandes pièces de l’édifice, comme par exemple les secteurs officiels du palais de Mari, du palais de Tell Asmar et du palais d’Uruk. De plus, les pièces qui jouaient un rôle officiel occupent dans plusieurs palais la zone centrale (palais de Mari739 et le palais de Tell Asmar740), on pouvait y accéder par la cour centrale. En examinant le plan de la zone centrale de ce palais, nous remarquons qu’il est conforme à ce schéma, surtout en ce qui concerne son emplacement au cœur du palais et l’existence de la cour centrale 4 qui donne accès à la salle 1 et de cette dernière il était possible d’accéder aux autres pièces de cette zone. Quant aux installations, les salles de la partie centrale n’en livraient pas de significatives. Les fouilleurs ont seulement réalisé une restitution probable du trône en face de la porte sud de cet espace. Cette restitution n’est pas une preuve suffisante de la destination officielle de l’espace 20, parce qu’aucun reste de ce trône n’a été retrouvé, comme par exemple sa base.
Cela n’est pas un problème fondamental pour cette identification. En effet nos dernières comparaisons, d’une part avec le schéma du bloc officiel, d’autre part avec la forme rectangulaire de cette pièce qui permettait au souverain d’être visible de partout, laissent penser que cet emplacement était probablement réservé au trône. Les secteurs voisins de la zone centrale étaient destinés aux cuisines et aux réserves.
L’emplacement des magasins et des cuisines à proximité de la zone centrale est un argument laissant penser que celle-ci servait de zone officielle741 dans laquelle on recevait les visiteurs du roi, car c’est dans les réserves on qu’on stockait les denrées alimentaires et le vin qu’on pouvait apporter aux cuisines lorsqu’on préparait les repas qu’on présentait aux convives du souverain dans la salle du trône (pièce 20). Nous pouvons renforcer cette hypothèse par la comparaison de ce secteur avec celui du palais de Mari : le groupe officiel du dernier édifice contient des pièces du stockage de la boisson ou du miel autour de la salle du trône qui se situe à proximité du secteur des services alimentaires. L’objectif de cet aménagement était sans doute d’assurer la préparation de la boisson et des festins pour les présenter aux convives du roi dans la salle 65 et rapidement et avec facilité
Au Nord-Est du groupe officiel, il existe un groupe de pièces dont trois 12, 13/14 et 17 qui servaient probablement de cuisines du palais. La grande quantité de cendre, les quantités d'os d’animaux, de plats et autres céramiques, aussi bien que les systèmes d’évacuation des eaux usées trouvés dans ces pièces 12, 13/14 et 17, suggèrent que celles-ci étaient utilisées comme des cuisines. La pièce 13/14 a aussi contenu un four au centre de la pièce742.
Les aménagements de la salle 21 qui appartiennent à un secteur voisin, montrent qu’elle servait probablement de cuisine. Comme nous l’avons signalé plus haut, on y a retrouvé un four, entouré par les os et les lambeaux brûlés. Ces découvertes renforcent notre hypothèse sur cette fonction.
D’après les fouilleurs743, au Sud du secteur des services alimentaires se situait le secteur du stockage qui contient les salles suivantes : 22, 23, 24, et 25. En tenant compte des découvertes de ce secteur, nous pensons qu’il n’est pas possible de donner à toutes ces salles une fonction de réserve, sauf la pièce 22 qui livra des installations qui prouvent cette attribution : il s’agit de deux jarres de stockage encastrées dans le sol en plâtre.
Idem, p. 6.
Šamši-Adad palace, http://leilan.yale.edu/about/dig_sites/shamshi_adad/index.html.
Ristvet L., Weiss H., 2008, p. 6.
La cour 106 et les salles 64 et 65 qui forment le secteur officiel occupent le cœur du grand palais de Mari.
L’unité qui contient le secteur composant de la cour centrale, de la première salle et de la grande salle, se trouve au centre de l’édifice.
La salle du trône du palais de Mari avait des dépendances destinées au stockage du vin, du miel et d’autres denrées, l’existence de ces réserves là aident les serviteurs àapporter ces diverses denrées à la salle du trône rapidement et avec facilité pour les présenter aux convives du souverain.
Akkermans P., Weiss H., 1999, p. 93.
Ristvet L., Weiss H., 2008, p. 8.