Trois phases architecturales furent identifiées. La plus ancienne (fig.81) est composée de trois pièces dont les murs étaient en briques crues sur des fondations en pierre massives installées dans le sol vierge. La pièce principale de cette phase était la salle A, salle de réception, mesurant 10,2m sur 4,2m. On y accédait par une porte percée dans son mur ouest. Cette salle de réception communiquait avec une autre pièce sur son côté méridionale, identifiée par le fouilleur comme une salle de réception785.
Dans la deuxième phase le bâtiment est agrandi, car de nouveaux secteurs vers l’Est et très vraisemblablement vers le Nord furent construits mais sur un alignement légèrement différent. Les murs de la phase 2 furent gardés pour délimiter le palais sous sa forme finale. L’édifice de la phase 3 semble avoir été plus ambitieux que ses prédécesseurs, et le secteur de la réception de la phase 1 fut remplacé par une salle du trône et par une antichambre grandiose. De plus, deux cours ont été ajoutées, dont la plus grande forme le cœur d'un nouveau bloc résidentiel. À un certain moment, cette partie du palais a été brièvement abandonnée ou endommagée. Lors des réparations postérieures, quelques modifications furent apportées : plusieurs murs furent réparés et les sols noirs en plâtre (secteur de la salle de trône) furent restaurés.786.
Ces trois phases appartiennent aux deux niveaux principaux, 7 et 6. Le premier appartient à l’époque de Samsi-Addu, tandis que l’autre est daté de l’époque de Hammourabi et de Zimri-Lim. Cette datation a été fournie par des découvertes787 mises au jour dans le palais : il s’agit de tablettes et d’impressions des sceaux. La dernière phase est la plus remarquable : l’édifice a pris son image finale, la plus majestueuse et la plus développée. Cette phase 788 est décomposée en deux sous-phases (phase 3a et phase 3b). La phase 3a est datée de l’époque de Asqur-Addu s’étendant de 1775 à 1760 av. J.-C. La phase 3b se situe entre 1760 et 1750 av. J.-C., lors de la période de Aqba-Hammu où le palais connut plusieurs modifications.
La destruction du palais fut violente et brutale. Le fouilleur estime que l’existence d’archives vivantes et d’empreintes concernant les rois de Tell al-Rimah et leurs serviteurs sur le sol de plusieurs pièces est une preuve de cette destruction violente. La découverte de ces tablettes dans les salles qui ne sont pas attribuées à une fonction d’archivage renforce cette supposition: lors d’une campagne militaire contre les édifices royaux, le contenu de plusieurs pièces était transporté vers d’autres pièce afin d’y être étudiées, comme dans la salle 115 du palais de Mari789. De plus, peut-être ce matériel se trouvait-il à l’étage, mais tomba au rez-de-chaussée en raison de la destruction du palais (C’est tout à fait possible, mais ça ne prouve pas que l’édifice a été détruit de manière violente et volontaire). Tout cela permet d’affirmer que le palais fut détruit volontairement. Le seul fait qui s’oppose à l’hypothèse du fouilleur sur la destruction violente de l’édifice est l’absence de traces de feu. Mais cela ne pose pas grand problème : le palais de Tell al-Rimah a pu être détruit d’une autre façon. Cette destruction fut sans doute commandée par Hammourabi ou par Samsu-Iluna790.
Oates D., 1982, p. 88-89.
Postgate C., Oates D., Oates J., 1997, p. 30.
Oates D., 1982, p. 89 et idem, p. 30.
Postgate C., Oates D., Oates J., 1997, p. 30.
Cette pièce n’était pas destinée aux archives, les soldats babyloniens y les transportaient pour les lire et connaître leur contenu, Margueron J.-C., 1982b, p. 353.
Battini L., 2001, p. 135.