La partie orientale du palais qui servait, d’après les fouilleurs, de logement du roi, était principalement occupée par l’espace XVIII. Celui-ci n’est pas complètement dégagé, ce qui pousse le fouilleur à le restituer et à le qualifier de la cour centrale797. La restitution de cet espace central est tout à fait possible, en considérant que la cour XVIII centrale était une des pièces nécessaires dans les palais mésopotamiens, surtout en ce qui concerne le secteur destiné à l’habitation où il assure la communication entre les pièces et permet une bonne diffusion de la lumière. Le fouilleur a par ailleurs restitué plusieurs autres pièces : III, XX, XXX et XXIX, il s’agit de quelques-unes des dépendances de la cour XVIII. La restitution fournit le plan de pièces très allongées. Le fouilleur798 suppose donc que deux d’entre elles, III et XX, devaient être subdivisées. Quant aux deux autres pièces, XXX et XXIX, l’auteur ne présente pas d’hypothèse de subdivision : d’après le plan restitué, la surface de la première salle atteint 99,4 m2 mais celle de la deuxième est de 92,9 m2, elles sont donc parmi les plus grandes du palais799.
Il est difficile d’accepter l’optique du fouilleur sur la restitution de cette partie à cause de l’absence de fouilles complètes. D’ailleurs, cette restitution ne correspond pas aux règles architecturales courantes dans les palais mésopotamiens : d’une part, les pièces destinées à une fonction officielle étaient les plus grandes salles du palais ; d’autre part, il n’existait pas dans les palais mésopotamiens de logement du roi aux dimensions si importantes ; enfin le logement du roi possédait beaucoup de pièces de petite et moyenne dimension. Ce schéma mésopotamien n’est donc pas semblable aux longues salles restituées dans cette partie du palais de Tell al-Rimah. Nous acceptons au final la présence d’un secteur du type babylonien à cet endroit (une cour centrale bordée d’une ceinture de pièces) mais il est difficile d’y définir exactement le nombre de pièces et leurs dimensions.
Dans son état actuel, l’espace central est percé de trois portes permettant de rejoindre les salles VII, XVII et XVI. D’après les résultats de la fouille, les salles VII et XVII n’appartenaient pas aux dépendances de cet espace dans la première époque de la vie du palais, mais n’apparaissent, à la suite de modifications (blocage et ouverture de portes) que dans la dernière époque du palais. De plus, il est probable que le blocage de la porte VIII-V aboutit au regroupement d’autres pièces (XX, IV, V et III) autour de l’espace XVIII.
Selon le plan, la pièce IX était une des dépendances de la cour XVIII dans une ancienne phase du palais, mais la porte de celle-ci qui permettait de communiquer avec cette cour par l’intermédiaire XVII, a ensuite été obstruée. Cette salle présente une énigme, puisque, après le blocage de cette dernière porte, aucun accès assurant la communication avec d’autres secteurs de ce quartier ne fut retrouvé par le fouilleur. Concernant les importantes installations retrouvées dans cette partie, on a mit à jour un orifice de puisard dans la pièce VI. Cette découverte témoigne que cette pièce devait servir de salle de bain.
Oates D., 1970, p. 6.
Oates D., 1972, p. 80.
Battini L., 2001, p. 117.