Les briques cuites se généralisèrent dès la période d’Uruk, en particulier Uruk-récent828. L’objectif de la cuisson était de donner aux briques une solidité inégalable829 ainsi qu’une résistance à l’eau très supérieure. Elles furent d’abord utilisées pour les canalisations afin d’évacuer les eaux usées comme dans le palais de Mari et pour les dalles revêtant les sols. Ce genre de brique fut également utilisé dans d’autres aménagements tels que les banquettes, les plates-formes, les cuves et les toilettes. A la fin du troisième millénaire, l’utilisation des briques cuites se développa, puisqu’on construisit, sur des fondations de briques crues, plusieurs assises des briques cuites, les superstructures étant pourtant aménagées en briques crues830. Ce matériau fut également employé dans la construction de piliers, mais cet usage fut limité : le centre de l’espace 28 du palais de Sinkashid d’Uruk était ainsi occupé par six bases de piliers en briques cuites, installées dans le sens de la longueur de la cour en deux bandes parallèles de trois bases831.
Les indications archéologiques de fours en briques sont peu nombreuses. Les fouilleurs832 de Larsa ont identifié un four dans cette ville. Les auteurs pensent que cette installation, construite à l’intérieur de la ville à proximité de sa limite nord-ouest, possède un type identique aux fours existant dans cette région aujourd’hui. Dans ce cas, ses dimensions seraient d’au moins 25 sur 30 m.
Les études textuelles donnent plusieurs indices concernant les fours à briques. Un texte mentionne le calcul du volume d’un four de briques cylindriques, haut d’environ 6 m et comportant 729 briques833. Une autre tablette indique l’usage de planches pour cuir des briques834.
L’architecture royale de la Mésopotamie ne connut pas seulement l’usage de briques cuites, mais aussi de briques « demi-cuites ». On en a retrouvé dans les salles 65835 et 216836 du palais de Mari. Dans le premier cas, il s’agit de briques de teinte rougeâtre passées au feu mais tout juste durcies, utilisées pour construire les superstructures des murs. Dans le second cas, elles servaient à construire le gros œuvre.
Idem, p. 23.
Aurenche O., 1977, p. 42.
Margueron J.-C., 2000, p. 198.
Lenzen H., 1966, p. 28-29.
Huot J.-L., Rougeulle A., Suire J., 1989, p. 36.
Texte YBC 7997 : Neugebauers O., Saggs A., 1945, p. 98-99.
Joannès, 1989, p. 128.
Parrot A, 1958a, p. 108, 113.
Idem, p. 290.