Nous avons indiqué plus haut que la salle du trône 65 du grand palais de Mari était couverte d’un toit plat (fig. 97). Cette couverture courante était composée de deux matériaux principaux : des poutres de bois et de la terre. Une grande masse de terre était en effet posée lourdement sur les poutres907. L’existence de cette masse lourde de terre sur les poutres était probablement le motif qui poussait les architectes à construire des murs épais qui pouvaient être chargé d’une couverture aussi volumineuse.
Le plafond de la salle du trône du petit palais oriental (fig. 98) était fait de façon identique à celui du grand palais royal de Mari, avec cependant quelques différences. Ce plafond était formé908 par une série de poutres posées de façon parallèle et très serrées les unes contre les autres afin de soutenir la grande charge de la terrasse en prenant appui sur les longs murs. La couche de terre constituant la terrasse était déposée sur des planches ou des nattes (fig. 99), situées donc entre les poutres et la terre. D’après l’étude faite909 par les archéologues sur cette couverture, il semble que les poutres étaient plus espacées qu’habituellement et étaient attachées les unes aux autres par des cordes perpendiculaires. Cette disposition permet d’obtenir, parce que les poutres sont placées dans une direction donnée et les cordes installées perpendiculairement, un quadrillage plus serré, qu’on ne retrouve pas dans la salle du trône du grand palais de Mari mais seulement dans le petit palais oriental. La terre, qui enrobait les poutres et les cordes formait en durcissant des caissons juxtaposés. Cette technique assurait donc une certaine rigidité que l’on utilisait peut-être pour raidir l’ensemble de la couverture.
Notons que cette couverture demandait un entretien régulier, car, après chaque hiver, il fallait la rouler (fig. 100) pour éliminer les fissures faites par le retrait au moment du séchage910.
Margueron J.-C., 1982b, p. 322.
Margueron J.-C., 2004, p. 362.
Idem, p. 362.
Thoumin R., 1935, p. 13.