3.1.2.1.3 - La couverture partielle

On a retrouvé dans plusieurs cours des palais mésopotamiens des éléments permettant d’affirmer que celles-ci étaient couvertes partiellement. Comme certains murs des deux cours 106 et 31911 (fig. 101) du grand palais royal de Mari étaient décorés, il était nécessaire pour les architectes de construire des couvertures partielles pour les protéger des intempéries.

Une autre pièce de ce monument était vraisemblablement couverte, mais dans un autre but.La cour 70 est équipée de deux fours. La présence d’une ou deux cavités circulaires dans le dallage de cette cour912 peut être mise en relation avec un système de couverture légère, permettant de défendre les personnes qui travaillaient à la cuisson du pain tout en laissant aux fumées la possibilité d’être évacuées. Cette hypothèse est tout à fait logique, car les personnes qui préparaient les mets de la famille royale passaient sans doute toute la journée à cela (petit déjeuner, déjeuner et diner). L’aménagement d’un système de protection contre le froid et la pluie en hiver et contre la chaleur en été, était indispensable. Le palais A de Tuttul et celui de Samsi-Addu à Tell Leilan ont livrés des installations de fonction similaire. Dans le premier édifice, on a retrouvé dans les pièces M et N, datant des deux premières phases, deux tannours. Quand au second, les pièces 13/14 et 21, datant de la phase 3, contenaient toutes un four. Pour évacuer les fumées, nous estimons que, soit ces quatre salles possédaient des cheminées, soit elles n’étaient que partiellement couvertes. A notre connaissance, le four ou le tannour produit une grande quantité des fumées. Le percement d’une grande ouverture dans le toit est donc une solution convenable à ce problème.

Le palais de Sinkashid à Uruk présente un autre exemple de ce type d’installation. Six bases de piliers en briques cuites occupaient en effet le centre de la cour 28. Ces colonnes étaient aménagées pour soutenir une couverture qui recevait un étage, augmentant ainsi la surface couverte.

Notes
911.

Parrot A., 1937, p. 326

912.

Margueron J.-C., 1982b, p. 254.