3.1.4.1.1 - Les murs

Les murs des bâtiments sont un indice très important de l’existence d’un étage dans les palais mésopotamiens, car des murs épais au dessus de fondations profondes très larges et composées de plusieurs assises ont sans doute été construits pour assurer une base solide au soutien d’un étage. La plupart des murs des palais mésopotamiens possèdent en effet de telles caractéristiques.

L’épaisseur des murs de la chapelle de la phase I du palais de Tell Asmar ne dépasse pas un mètre. Ces murs ne pouvaient probablement pas soutenir d’étage. D’autres murs du même édifice étaient cependant plus épais. Ces murs se concentrent entre la cour centrale et le grand hall. Ils atteignaient 1,40 m au sud-est du grand hall, mais 1,50 m au Nord-Est de celui-ci. Le mur nord-est de la cour centrale mesure 1,75 m et le mur nord-ouest du grand hall s’approche de 1,90 m1031. Ces indications permettent d’affirmer que, au-dessus de cette partie de la zone officielle, existait probablement un étage. Pour confirmer ou infirmer cette théorie, il nous faut faire une comparaison avec d’autres palais mésopotamiens .En étudiant l’épaisseur des murs du palais de Tell al-Rimah, nous remarquons qu’une partie était très épaisse, comme ceux de la salle XIII se situant dans le secteur officiel. Ceci permet d’affirmer que la zone officielle de cet édifice comportait vraisemblablement un étage. Le groupe officiel du palais de Mari donne aussi une indication permettant d’y voir un étage : il s’agit des restes d’escalier de la salle 811032, qui conduisait peut-être vers l’étage. Ces indications provenant de trois palais différents montrent l’existence probable d’un étage dans la zone officielle des palais mésopotamiens.

Les fondations du secteur des réserves (secteur F) du palais de Mari étaient très puissantes et jouaient vraisemblablement un rôle essentiel pour soutenir l’étage. Elles se constituaient de douze et parfois de treize assises élaborées dans un bel appareil1033. Plusieurs autres indications appuient cette hypothèse (voir ci-dessous).

L’épaisseur du mur sud de la partie fouillée du palais de Tell al-Rimah atteignait 2,3 m, mais elle était, au Nord, de 3,5 m1034. Peut-être, cette large assise fut-elle construite pour soutenir le premier niveau.

Le palais de Sinkashid présente des indices de l’existence d’un étage, puisque les murs de fondations de l’unité de la cour 51 et de l’espace 40 étaient très épais. Ils furent peut-être destinés à soutenir le premier niveau. La première unité du secteur occidental du palais de Larsa, composée des pièces de 15 à 20, était probablement recouverte d’un étage. La présence de murs de 2 m1035 d’épaisseur, construits sur des fondations très profondes et visant sans doute à supporter des pressions assez fortes nous montre qu’un étage a très probablement été construit au-dessus de cette unité.

Notes
1031.

Margueron J.-C., 1982b, p. 176.

1032.

Margueron J.-C., 1982b, p. 293.

1033.

Parrot A., 1967, p. 2-5, 7, 12, 15, 23.

1034.

Battini L., 2001, p. 129.

1035.

Margueron J.-C., 1982b, p. 389.