Le grand palais royal de Mari possède des aménagements très importants qui peuvent éventuellement signifier l’existence d’un étage.
Dans le couloir 68 se trouve un de ces aménagements : il s’agit de trois canalisations en céramique, emboîtées verticalement les unes dans les autres et noyées dans le gros œuvre. Ce système était fréquemment employé dans le palais de Mari et les chercheurs présentent des opinions variées sur ce point. L’archéologue estime que cette technique était utilisée, soit comme système de ventilation, soit comme système pour recueillir de l’eau de la terrasse. Certains points contredisent toutefois cette hypothèse : l’eau qui passe sur les terrasses est boueuse et il n’était donc pas possible de la consommer. Par ailleurs, ce système ne pouvait assurer tous les besoins en eau du palais, parce qu’il ne pouvait être employé qu’un petit nombre de fois dans l’année1036. Ces critiques permettent d’élaborer une autre hypothèse : ce système n’était peut-être pas destiné à recueillir l’eau mais à évacuer les eaux usées de l'étage.
Nous pouvons ajouter d’autres arguments pour renforcer cette hypothèse. Quand nous avons parlé de l’éclairage des palais mésopotamiens, nous avons indiqué que le couloir 68 devait être à ciel ouvert, ce qui implique que l’on n’avait pas besoin d’un système de ventilation. Il est donc possible d’attribuer cette fonction à de telles installations situées dans les espaces à ciel couvert. De plus, sur la rive droite de l'Euphrate, au niveau de Mari, un canal destiné à l’irrigation des champs dans la ville aidait probablement à fournir la ville en eau. Il n’était donc pas nécessaire de capter l’eau de la terrasse. Enfin, si cette installation était destinée à capter de l’eau de la terrasse, il aurait fallu aménager dans le couloir 68 un ou plusieurs bassins pouvant recevoir l’eau captée. Or l’archéologue n’a indiqué aucun bassin à cet endroit. L’absence de bassins est un argument supplémentaire contre l’hypothèse d’un système de captation d’eau.
Idem, p. 291.