La pièce 81, située au Sud de la salle du trône du palais de Mari, contenait un podium construit en briques, occupant toute la largeur de la salle (2,65 m) sur une profondeur de 5, 76 m. Sa présence conduit à penser que cette chambre était une salle de justice ou avait une attribution rituelle. Mais le grand nombre de céramiques cassées retrouvées sur le podium et l’escalier a conduit A. Parrot à penser que cette chambre était vouée à un service utilitaire1047. J.-C. Margueron1048 estime quant à lui que cette installation était utilisée comme un départ d’escalier dont le prolongement aurait été construit à l’aide d’autres matériaux, le bois par exemple. Nous avons présenté plus haut plusieurs indices de la présence d’un étage dans le secteur officiel des palais mésopotamiens, ce qui nous conduit à nous rapprocher de J.-C. Margueron. Cette hypothèse est renforcée par le fait que le roi habitait avec sa famille dans les appartements royaux se trouvant à l’étage et qu’un escalier, en mettant en relation ces appartements et la zone officielle, aidait le souverain à descendre plus rapidement à la salle du trône. Le seul obstacle infirmant cette hypothèse est l’absence de matériaux de construction de la partie haute de l’escalier. D’après J.-C. Margueron, le charbon présent sur le podium pourrait en fait être les restes de la partie en bois de l’escalier. Toutefois, la présence de charbon est une conséquence logique de l’incendie qui a détruit le palais et ne prouve en aucun cas l’existence d’un escalier.
La pièce 77 du secteur des fours du grand palais royal de Mari servait de salle de bain à l’époque finale de l’édifice où elle fut divisée en trois parties. Toujours selon J.-C. Margueron, la forme de cette pièce permet de suggérer qu’avant d’être divisée en trois parties et d’être apparemment affectée à des usages domestiques, elle aurait pu être occupée par un grand escalier1049. Mais l’absence de traces indiquant cette installation nous éloigne de cette hypothèse
La salle 23 du palais de Mari contenait aussi probablement un escalier, placé contre sa paroi méridionale. Le départ de cet escalier se fait à l’angle sud-est de la pièce par un massif de briques crues, prolongé par une volée droite au moins jusqu’au montant est de la porte, vers la salle 19. Cette volée se poursuivait par dessus le passage 23-19 pour rejoindre le mur ouest où l’escalier trouvait l’appui nécessaire pour terminer sa course. Au départ de l’escalier, à l’angle nord-ouest du palier et à l’extrémité de la première marche, un trou de poteau dans le sol indique l’emplacement d’un poteau destiné à maintenir la structure en bois de l’escalier et à assujettir une rambarde. Dans l’alignement du passage 23-19, un autre trou marque sans doute l’emplacement d’un second poteau qui soutenait la volée de marches.
Deux escaliers ont été restitués dans le palais de Tell Asmar, le premier dans la pièce M31:18, le second dans les pièces M 30:3 et 4. Nous avons déjà indiqué que le premier escalier servait, soit à accueillir la garde quand le souverain était présent, soit à tenir des audiences royales par temps chaud, soit encore à mener à l’étage. Nous avons aussi signalé les raisons qui nous permettent d’adopter la première hypothèse. Nous allons maintenant discuter de la deuxième hypothèse. Nous avons déjà affirmé que le rez-de-chaussée de ce palais comportait un seul appartement royal composé de deux pièces. La question qui se pose ici est la suivante : est-ce que cet appartement était suffisamment grand pour abriter le roi et sa famille ? Nous pensons que ce n’était pas le cas. Il fallait sans doute aménager des appartements royaux dont la superficie convenait à la fois au roi et à sa famille. Puisque le secteur du rez-de-chaussée ne pouvait pas suffire, cela laisse penser que ce secteur se trouvait probablement à l’étage. Nous avons déjà évoqué d’autres indications concernant l’existence d’un étage, tel que l’épaisseur des murs. Notre escalier, ainsi que celui des pièces M 30:3 et 4, amènent peut-être à ce niveau.
Un podium de briques crues, situé à l’angle nord-ouest de la phase 1 de la salle L du palais de Tuttul, pourrait constituer les restes d'un escalier utilisé dans cette première phase, et peut-être encore dans la phase 2. D’après le plan proposé par les fouilleurs, cet escalier n’était pas destiné à relier une pièce voisine, mais pouvait conduire vers l’étage1050. Cette hypothèse peut être renforcée par deux arguments. D’une part, il n’existe, devant cette installation, aucune ouverture donnant accès à une salle voisine, Dans ce cas, il ne peut conduire qu’à l’étage. D’autre part, nous avons indiqué plus haut que cette pièce de la phase 4 abritait des matériaux permettant d’y voir un étage, à savoir des tablettes, sans doute tombées de l’étage à l’époque finale du palais. D’autres podiums furent retrouvés dans la salle T, U et L1051. Peut-être, cette dernière installation jouait-elle le même rôle que celle de la salle précédente.
Dans l’ancien palais d’Assur, dans deux groupements (123-124 et 144-145) se trouvaient deux escaliers qui conduiraient vraisemblablement vers le toit ou vers l’étage.
Parrot A., 1958a, p. 154.
Margueron J.-C., 1982b, p. 293.
Margueron J.-C., 1982b, p. 297.
Miglus P. A., Strommenger E., 2007, p. 22.
Miglus P. A., Strommenger E., 2007, p. 11, 22.