On a retrouvé dans le palais A de Kish cinq escaliers qui ont pu présenter la fonction de desservir un étage. Le bâtiment I de cet édifice comporte deux escaliers1052 : l’escalier oriental et l’escalier méridional, qui conduisaient probablement à un niveau supérieur. Ce qui renforce cette hypothèse est la présence de murs très épais dans les parties dans lesquelles ces escaliers se situent. L’objectif principal de ces murs était vraisemblablement de soutenir un niveau supérieur. Le bâtiment II du même édifice était quant à lui plus fragile et moins massif que le bâtiment I. Cette situation pousse les auteurs à estimer qu’il ne comportait pas d’étage1053. Bien que ce bâtiment ne présente pas d’indices définitifs prouvant l’existence d’un étage, il est peu probable qu’il n’en possédait pas. Une grande quantité de fragments de plâtre de 2,5 cm d’épaisseur, retrouvée sur le sol de la salle 55, a été interprétée par Mackay1054 comme représentant des fragments du revêtement de l’étage. Ce chercheur indique que le même revêtement a été retrouvé dans un autre bâtiment contemporain, ou peut-être antérieur, situé à Kish. Toutefois, aucun élément de ce type n’a été retrouvé à la base des murs1055 alors qu’il aurait dû en subsister si ces fragments étaient le revêtement du sol. Ces matériaux sont donc probablement tombés d’un étage dont ils devaient revêtir le sol. La nature du revêtement du sol de l’étage est différente de celle du revêtement de rez-de-chaussée, sans doute parce que le sol de l’étage devait être léger et résistant1056. Le plâtre ayant ces propriétés, la présence de ce matériau renforce notre hypothèse. Des fragments identiques, retrouvés dans la salle 50 et identifiés par E. Mackay1057 comme des débris du toit, jouaient peut-être le même rôle.
Le palais présargonique de Mari a également livré plusieurs indices de l’existence d’un étage : on a retrouvé dans la salle LVI un escalier de dix marches1058 appartenant au niveau de P1. Il mesurait sans doute 5 m, voire un peu plus1059. Selon nous, l’existence d’un escalier d’une telle hauteur laisserait à penser que sa fonction principale était d’assurer la communication entre le rez-de-chaussée et un niveau supérieur. Certains murs de l’édifice étaient en outre plus épais, ce qui est un second indice de la présence d’un étage. Tandis que les murs de la salle XLVI et de la cour XXVII étaient de 2,40 m, ceux des salles XXXIII, LVIII, XXXVII et XXXVIII était plus épais et atteignaient les 3 m d’épaisseur1060, probablement afin de fournir une base solide pour soutenir un étage.
En ce qui concerne le palais d’Eridu, il présente aussi des indications montrant la présence probable d’un étage : l’analyse des différents murs conduit à définir cinq groupements de murs dont l’épaisseur n’était pas la même. Les murs les plus épais atteignaient 2 m d’épaisseur, tandis que les moins épais mesuraient entre 1m et 1,40m. Trois autres valeurs moyennes ont été déterminées : 1,90, 1,70 et 1,50 m. Comme les autres palais mésopotamiens, ces murs très épais, ou au moins une partie d’entre eux, étaient probablement destinés à soutenir un étage, en particulier ceux qui mesuraient entre 1,40 m et 2 m d’épaisseur. J.-C. Margueron1061 a étudié le palais et son système de circulation. Son étude conduit à penser que ce palais possédait sans doute de nombreuses salles assurant la communication avec l’étage. Toutefois, cette hypothèse ne peut être adoptée avec certitude, parce qu’aucune trace de ces installations n’a été retrouvée.
Le palais nord de Tell Asmar comporte une indication très importante de l’existence d’un étage, il s’agit de l’escalier de la salle 16 au Nord-Est de la cour 131062. De plus, l’épaisseur des murs était importante, puisqu’elle varie de 1,50 m à 2,20 m1063, afin, selon nous, d’élever des superstructures. Il existe d’autres murs dont la largeur était inférieure à 1,50 m, mais ils sont peu nombreux1064.
Margueron J.-C., 1982b, p. 54 -55.
Mackay E., 1929, p. 94.
Idem, p. 96.
Cet argument a été présenté par Margueron J.-C., 1982b, p. 58.
Idem, p. 58.
Mackay E., 1929, p. 99.
Parrot A., 1958a, p. 317, fig. 388.
Margueron J.-C., 1982b, p. 100-101.
Idem, p. 101.
Idem, p. 117-118.
Idem, p. 136.
Idem, p. 137.
Idem, p. 137.