Comme nous l’avons vu plus haut, un grand nombre de palais datant de l’époque de la troisième dynastie à l’époque paléo-babylonienne ne sont pas bien conservés ou les travaux de la fouille n’ont pas été achevés. Cela pose problème pour définir leurs portes avec certitude. Cependant, la meilleure conservation de nombreux autres palais fournit des indices sur les portes (crapaudines, seuil etc.), ce qui permet de mieux les connaître.
Les palais des dynasties-archaïques souffrent du même problème de mauvaise conservation. Il est donc difficile de connaître l’emplacement d’une grande partie de leurs portes.
Le palais A de Kish est composé de deux bâtiments, I et II, mais toute la partie du Nord-Ouest du premier bâtiment, ainsi que la partie méridionale du bâtiment II, a disparu à cause de l’érosion1129. Il est donc impossible de définir le nombre exact de portes, puisque les parties disparues comportaient peut-être des accès. Dans le reste de l’édifice, il n’existe que deux accès. La porte monumentale1130 située dans la partie méridionale du secteur B, mesure 3 m de la largeur1131. Le second accès a été installé à l’Ouest de la façade du secteur A. Les deux accès ne sont pas similaires aux deux modèles que nous avons définis.
L’exploration du palais P de Kish est restée inachevée et son étendue exacte n’est pas connue, puisque la partie occidentale n’a pas pu être délimitée. Le bâtiment actuellement connu livre une seule entrée, assez importante, située au Nord-Est de l’enceinte nord-ouest1132. Ce passage ne présente aucune analogie avec d’autres modèles de portes des palais mésopotamiens. Il est étroit (2 m de large), prend la forme d’un tunnel et donne sur une pièce de petite dimension. Il est ensuite redoublé par un autre tunnel de ce type qui aboutit sur une deuxième pièce, plus grande, et donnant elle-même accès à d’autres pièces1133.
Du niveau 3 au niveau 0 du palais présargonique de Mari, se maintient une porte monumentale qui comporte des analogies et des différences avec les portes de notre premier modèle. Comme les portes du premier modèle, cette porte appartient à un dispositif à tenailles. Plusieurs différences existent cependant. D’une part, cette porte était percée dans l’enceinte dont l’épaisseur est de 9 m, alors que les autres portes n’étaient pas percées dans une enceinte d’une telle épaisseur. D’autre part, les portes du premier modèle donnent uniquement un accès direct à l’intérieur du palais, tandis que, dans ce palais, l’entrée permet à la fois un accès direct à l’intérieur de l’édifice, mais également une circulation latérale. La porte communiquait en effet avec des pièces et des couloirs latéraux.
Le palais d’Eridu était quant à lui percé de deux portes assez rapprochées, situées sur sa façade orientale. Une lacune sur la façade occidentale laisse la possibilité d’un troisième accès au palais. Le système d’accès de ce palais présente lui-aussi des analogies et des différences avec ceux datant d’Ur III à l’époque paléo-babylonienne. Comme dans la plupart des palais datant de l’époque de la troisième dynastie d’Ur à l’époque paléo-babylonienne, la porte septentrionale du palais d’Eridu conduit à la zone centrale du palais où se trouve la cour principale. Cette porte est identique à celles du premier modèle des palais de la deuxième génération par une seule caractéristique : une autre porte est située à proximité dans la même paroi. Il ne s’agit donc pas d’une organisation en tenailles (premier modèle1134). Le second accès de la façade Est était destiné à une fonction différente de celle des palais de la deuxième génération. Il conduit en effet au couloir périphérique. Un accès de Tell Wilaya, datant de l’époque d’Agadé, a la même fonction. Il est identique au second modèle des palais de la deuxième génération (palais d’Eshnunna), puisque la seconde entrée ne se trouve ni dans l’axe de la première, ni dans la même paroi. L’entrée était aménagée sur la paroi opposée1135.
Le palais de Tell Beydar (phase 1) n’a livré qu’une seule entrée, la porte principale située dans la façade sud1136. Ce type est conforme au second modèle des palais de la deuxième génération, puisque la seconde porte ne se trouve pas dans l’axe de la première, mais installée sur le mur opposé et décalée. Une seule différence entre les deux cas est que la pièce d’entrée du palais de Tell Beydar possède, en plus des deux portes (vers l’extérieur et vers l’intérieure du palais), une autre porte latérale située à l’Est et conduisant à une pièce d’eau. Les palais mésopotamiens, dont les portes appartiennent au seconde modèle, ne possèdent que deux portes, installées dans la même axe (vers l’extérieur et vers l’intérieure du palais).
L’état de conservation des autres palais mésopotamiens, qu’il s’agisse du palais d’époque akkadienne de Naram-Sin à Tell Brak ou des palais de l’âge du bronze récent (palais de Nuzi, palais de Nur-Adad à Assur, palais d’Aqar Quf) est médiocre. Il n’est donc pas possible de situer leurs portes avec certitude et de faire une comparaison avec celles des palais de la deuxième génération. D’après E. Lacheman1137, il est très probable que la porte d’entrée du palais de Nuzi ait été placée à l’est de la grande salle d’audience M 94, avec un accès secondaire au Nord-Ouest, et peut-être une troisième porte secondaire au Sud-Ouest. Nous ne pouvons pas nous appuyer sur cette hypothèse, parce qu’aucune trace de ces portes n’a été retrouvée.
Margueron J.-C., 1982b, p. 38.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Kish_(M%C3%A9sopotamie)#Tell_Inghara.2FHursagkalamma
Margueron J.-C., 1982b, p. 41.
Idem, p. 74.
Idem, p. 466.
Margueron J.-C., 1982b, p. 466.
Idem, p. 466.
Lebeau M., Suleiman A., 2005, p. 22.
Lacheman E., 1971, p. 365.