Comme nous l’avons vu, les palais mésopotamiens datant de l’époque d’Ur III à l’époque paléo-babylonienne donnaient plusieurs indications concernant l’existence du secteur administratif (plan, tablettes, base du trône et banquettes). A l’exception de quelques palais, les grands édifices civils appartenant aux autres périodes de l’âge de bronze ne comportent pas de preuves architecturales ou archéologiques de l’existence de cette zone.
Concernant l’époque des dynasties-archaïques, seuls la phase 3 du palais de Nabda (2450-2415) et les deux niveaux (ancien et récent) du palais nord de Tell Asmar contenaient des unités administratives. On a retrouvé dans le premier palais vingt tablettes dont 16 administratives. Elles ont été découvertes dans une petite pièce du secteur nord du bâtiment. Ce qui permet d’affirmer l’existence de la zone administrative1204. Cependant, en examinant le plan de cette phase, nous remarquons qu’aucune unité n’a été dessinée selon le même schéma du bloc administratif que les autres palais mésopotamiens. Selon nous, cela ne pose aucun problème pour notre identification. En effet, le schéma traditionnel de ce secteur n’est pas toujours nécessaire pour pouvoir l’identifier : malgré l’inexistence d’un secteur construit selon le plan habituel de cette unité, les découvertes écrites montrent que plusieurs phases du palais de Tell Asmar amorite jouaient un rôle administratif. D’après H. Frankfort, ce rôle peut être joué par la zone officielle. Nous n’avons pas découvert de tablettes montrant cette fonction dans le second édifice. En revanche, un de ses secteurs du niveau ancien (secteur C) et un autre du niveau récent (secteur E) possédaient le même plan de cette unité, courant dans les autres palais mésopotamiens (un espace allongé et entouré de plusieurs pièces).
Concernant les palais de la deuxième moitié du IIème millénaire, on ne peut identifier de pièces administratives que dans le celui de Nuzi. Les tablettes sont la preuve irréfutable de la présence de cette unité administrative. Parmi les tablettes découvertes dans ce bâtiment, nous remarquons celles contenant des listes d’esclaves du palais (salle L2) et de vêtements de différentes villes1205. Lorsque nous avons parlé de l’étage supérieur dans les palais mésopotamiens, nous avions indiqué que la salle N 120 a livré deux lots de tablettes. Le premier concernant l’administration de l’armée, le second provenant des archives privées de Tulpunnia, fille de Sheltunnaia1206. Nous avions conclu qu’une partie de ces trouvailles étaient tombées de l’étage, car il n’était pas logique de stocker deux catégories dans le même emplacement. Si notre hypothèse est bonne, nous pouvons dire que ce palais était identique à quelques autres palais mésopotamiens qui comportaient des bureaux d’archivage à l’étage. Cet édifice présente une autre caractéristique courante dans certains grands édifices civils. Il s’agit de la distribution des salles administratives dans divers secteurs du palais. En effet, nous avons retrouvé des tablettes dans les autres emplacements mentionnant des affaires militaires salle M 79 1207 et économiques (salle R 76 ou R 47)1208 dans diverses salles appartenant à plusieurs secteurs du monument.
Lebeau M., Suleiman A., 2005, p. 24.
Lacheman E., 1971, p. 365-366.
Idem, p. 366.
Idem, p. 366.
Idem, p. 367.