Ce grand bâtiment public1224 avait, entre autre fonction, celle du stockage de mets divers destinés à la population. Il n’est pas facile de connaître l’emplacement du secteur de stockage dans les palais mésopotamiens à cause de l’inachèvement des travaux de fouilles dans quelques cas et de la destruction en grande partie du bâtiment dans d’autres cas. Les jarres de stockage étaient une indication très importante pour connaitre les zones consacrées aux réserves du palais. Cependant, les palais ne révélaient pas l’existence de ces matériels en grande quantité, ce qui pose aussi problème vis-à-vis de la définition de la zone économique. Il est donc difficile de faire une étude précise des capacités de stockage de ces bâtiments.
D’après l’analyse architecturale faite dans la première et la deuxième partie, il semble que les secteurs de réserves dans les palais mésopotamiens n’étaient pas construits selon le même schéma. Nous pouvons ici présenter trois secteurs principaux de réserves.
Le premier secteur qui appartient au palais de Sinkashid d’Uruk (secteur de la cour 28) (fig. 21), comprend des pièces allongées, placées perpendiculairement à l’espace centrale sur deux de ses côtés1225.
Le secteur F (fig. 51) du palais de Mari présente le second type architectural du secteur de réserves. Son schéma était identique au précédent en ce qui concerne la forme des pièces (étroites et allongées), mais il ne possédait pas d’espace central assurant les communications entre les pièces et y distribuant de la lumière. Il y aurait donc un manque d’éclairage, tandis que, plusieurs sources de lumière pouvaient en fournir aux salles du secteur précédent (cour 28 et couloir périphérique). Le type architectural concernant le secteur F du palais royal de Mari s’appelle le système centrifuge1226. Toutes les relations du secteur présent avec l’environnement se situent sur la périphérie. À l'inverse de la zone économique du palais de Sinkashid, ce secteur a été composé de différentes unités indépendantes les unes des autres qui ne possèdent aucune communication intérieure entre elles. Les portes et les fenêtres de ces unités étaient éventuelles, ce qui signifie que la circulation des hommes, l’air et l’éclairage étaient dirigés vers l’extérieur.
Le secteur nord-ouest du palais de Bilalama de Tell Asmar (fig. 11) constituait le troisième secteur économique identifié. Ce secteur se composait de plusieurs unités. Contrairement aux unités du secteur F du palais de Mari, le centre de chaque unité était occupé par un espace central. Ce qui attire l’attention est l’espace L 30:2. L’organisation de celui-ci n’a pas été répétée par un autre secteur du palais analysé auparavant. Il servait de cour s’ouvrant immédiatement sur l’extérieur. Deux de ses côtés n’étaient pas pourvus de pièces. Ce schéma était similaire aux deux derniers sur un point : il s’agit de la forme de quelques pièces possédant une forme étroite et allongée.
Postagte N., 2003-2005, p. 199.
Margueron J.-C., 1982b, p. 532.
Idem, p. 534.