3.3.4.2 - Les autres secteurs de réserves des palais

Selon les aménagements et les éléments retrouvés dans le grand palais royal de Mari, il semble que cet édifice comportait, avec le secteur F voué au stockage, d’autres secteurs servant de fonction de réserve (salles 24 et 25, une partie de la partie méridionale, salle 116, unité composée des salles 81, 82, 80, 79) (fig. 38, 40 et 46). Selon J.-C. Margueron, la partie méridionale du grand palais de Mari, servait de réception et de magasin général. Selon les besoins et la demande, une partie des réserves pouvait donc être redistribuée soit dans les magasins de F (maison du roi), soit en 24-25 (magasins de la seconde maison). Nous pensons que cette hypothèse est valable, car on y a retrouvé des récipients voués au stockage et des banquettes servant à caler les jarres de réserves. À Uruk, le secteur de la cour 28 était consacré à cette fonction. Rien dans le reste du bâtiment ne permet de déceler d'autres magasins. Quelques autres palais (Ur, Larsa et Assur) ne peuvent apporter de preuves concrètes sur le secteur de réserve à cause d’une documentation lacunaire

De nombreux palais mésopotamiens (oriental de Mari, A de Tuttul, Tell al-Rimah et Tell Leilan) ne présentent aucun secteur spécial de stockage. Ils comportent cependant des pièces, appartenant à une zone privée ou publique, jouant ce rôle. Le petit palais oriental de Mari possédait plusieurs pièces destinées au stockage se situant dans deux parties du palais (dépendances de la première cour et pièce XIII située dans l’ensemble de l’espace XV). Dans le palais A de Tuttul, les salles M, L (phase 4) et F (phase 3) étaient vouées à une fonction de stockage. Ce qui attire l’attention et qui n’apparaît pas dans la plupart des autres palais mésopotamiens, est le fait que les deux premières salles soient percées d’ouvertures donnant accès direct à l’extérieur de l’édifice. Comme nous l’avons déjà indiqué, il est possible d’envisager qu’un aménagement futur de portes était prévu afin de pouvoir stocker des matériaux dans ces deux pièces. Cette caractéristique (une porte s’ouvrant immédiatement sur l’extérieur) se répétait dans le secteur économique du palais de Bilalama de Tell Asmar et probablement dans la partie méridionale du grand palais royal de Mari. La phase 4 de cet édifice connaît une autre caractéristique singulière : il s’agit de la division de la cour centrale B en un certain nombre d’espaces dont l’espace Bc au Sud-Est était par exemple destiné au stockage des jarres.

La fouille du palais de Tell al-Rimah et de la phase 3 du palais de la ville basse de Tell Leilan n’était pas achevée, ce qui pose grand problème pour connaître l’emplacement réel du secteur de réserves. Les deux cas présentent des pièces de stockage dans la zone publique (I et II du palais de Tell al-Rimah, 22, 23, 24, et 25 du palais de la ville basse de Tell Leilan), à proximité du bloc officiel. Peut-être a-t-on aménagé les dépôts dans cet emplacement pour préparer les repas royaux et les présenter au souverain dans les salles destinées aux banquets, rapidement et facilement.

Quant aux stocks d'État, ils se trouvaient installés ailleurs et servaient à l'approvisionnement, non seulement du palais, mais aussi des ateliers qui étaient situés ailleurs dans la cité1227. Le palais plus tardif de Nuzi en présente la confirmation. En effet, la fonction de réserve n'était pas importante dans les secteurs de cet édifice. Un autre édifice a été dégagé au nord de la cité contenant des salles étroites et allongées montrant l'existence des caractéristiques d'un magasin1228.

Notes
1227.

Margueron J.-C., 1982b, p. 551.

1228.

Idem, p. 550.