C’est notamment la présence de jarres et de scellements qui révèle la fonction économique du palais1229. Le scellement des magasins de stockage (fig. 141), qui assurait que personne n’avait pénétré dans la pièce de manière frauduleuse, consistait en la fermeture de la porte de l’extérieur par un gardien qui l’attachait par une corde ou un pommeau fixe dans le mur. Ces éléments étaient recouverts d’argile imprimée du sceau du responsable. Pour pénétrer dans le magasin, il était donc nécessaire de briser les scellés.
Le grand palais de Mari et celui des dynasties amorites de Tell Asmar livraient un grand nombre de ce genre de scellements. Concernant le premier édifice, seules les salles 29, 54, 107, 108, 115 et 217 ont fournit ces éléments1230. Au sujet du second édifice, la phase de Bilalama livrait des scellements de porte qui n’ont, eux, pas été retrouvés dans les endroits de surveillance des magasins, mais dans les emplacements qui contrôlaient l'accès aux différentes unités du palais (cours L 31:12 et L 30:1 et salle M 31:18). Il existe des différences entre le palais de Mari et la phase de Bilalama. Tous les espaces livrant ces découvertes étaient des salles du grand palais de Mari, tandis que ceux du palais de Bilalama étaient les cours centrales L 31:12, la cour L 30:1 et la salle M 31:18. De plus, seule la salle 217 appartient au secteur des magasins du palais de Mari. Les autres pièces étaient liées au secteur officiel (54, 107, 108 et 115 correspondant aux dépendances de la cour 106) et à celui des femmes (29). Cependant, les espaces du deuxième cas se trouvent seulement dans le secteur des magasins du palais.
À l’inverse de la phase de Bilalama, la phase d’Urninmar et d’Urningishzida du même palais donnait une caractéristique identique à celui de Mari. En effet on a retrouvé dans la salle N 30:2, située dans le bloc officiel, un scellement de porte. Cette pièce contrôlait le passage conduisant cette dernière salle au grand hall N 30:3.
L’étude des bouchons de jarres montre qu’elles étaient scellées tout comme les portes des magasins. Après avoir fixé sur l’ouverture un tissu ou un morceau de cuir tenu par une cordelette autour du col, on enrobe l’ensemble d’un peu d’argile sur toute la surface sur laquelle on applique un sceau-cylindre1231. Une grande quantité de ces scellements de jarres ont été retrouvés dans les palais mésopotamiens (Tell Asmar, A de Tuttul, royal de Mari, Samsi-Addu de Tell Leilan et Tel al-Rimah). De tels objets ont été retrouvés dans les espaces à ciel ouvert (cours M 31:1, M 32:13 et K 31:1) et dans les espaces de stockage (L 30:3, M 31:9 et L 31:15) du palais de Bilalam. La phase d’Azuzum du palais de Tell Asmar ne livra que quatre scellements. Deux d'entre eux ont été retrouvés dans la cour principale M 31:1. Les deux autres ont été découverts dans les salles N 30:11 et N 30:2, au nord et à l'est du grand hall N 30 :3. La phase d’Urninmar et d’Urningishzida livrait de nombreux scellements, la plupart ont été retrouvés dans la cour M31:1. Selon les emplacements de la découverte de ces éléments des trois phases, il semble que deux secteurs principaux jouaient un rôle économique (secteur économique de la phase de Bilalama et le secteur officiel des trois phases).
On a retrouvé dans le grand palais de Mari un grand nombre de bouchons de jarres. Quelques-uns étaient1232 avec empreintes comme celles retrouvées dans la salle 135 de cet édifice, d’autres n’étaient pas scellées (salle 1961233). Ces deux dernières salles étaient des dépendances de la cour 131, ce qui lui confère une caractéristique économique.
Le palais de Tell al-Rimah et le palais A de Tuttul présentent des caractéristiques semblables aux phases du dernier palais et au grand palais royal de Mari, mais nous ne pouvons pas définir avec certitude le genre de ces empreintes (portes ou jarres). Le premier édifice livrait plusieurs scellements. Comme certains scellements du palais de Tell Asmar et du grand palais royal de Mari, une partie de ces objets ont été retrouvés dans deux pièces du bloc officiel (salles XIII et XII)1234. L’autre partie des empreintes a été découverte dans la zone résidentielle du bâtiment (couloir XXII et pièce XVI)1235. L’existence des derniers scellements de cette zone permet d’affirmer qu’il y a une analogie avec le grand palais royal de Mari, puisque la salle 29 qui donnait une quantité de ces objets se situe aussi dans le secteur d’habitation. Au sujet du palais A de Tuttul, les scellements de sceaux n’ont été découverts que dans les pièces de vocation économique (salles M et L).
Les sceaux et leurs empreintes présentent un grand intérêt pour connaître les personnes qui dirigeaient la vie économique dans les palais. D’après les noms inscrits sur ces éléments, il semble que les activités économiques des palais étaient dirigées soit :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sceau-cylindre.
Margueron J.-C., 2004, p. 482 et Beyer D., 1985, p. 383.
Margueron J.-C., 2004, p. 482.
Beyer D., 1985, p. 383.
Idem, p. 383.
Postgate C., Oates D., Oates J., 1997, p. 30.
Idem, p. 30.