3.3.5.1.2 - L’image des appartements royaux à l’étage

Nous avons identifié que la plupart des palais de la Mésopotamie possédaient un étage, mais nous ne pouvons pas connaître avec certitude la fonction de ce niveau (appartements royaux ou autre fonction). D’après les éléments retrouvés dans les décombres de nombreux palais, il semble que l’étage abritait les zones d’archivages. Si on suppose que l’étage de ces palais recevait aussi les appartements royaux, à l’exception du grand palais de Mari, il est difficile de connaître l’organisation certaine des appartements royaux qui se trouvent à ce niveau.

Grâce à la bonne conservation du grand palais de Mari et aux petits fragments de peintures murales retrouvés dans la salle 220, il est possible d’exposer l’organisation probable des appartements royaux. Le secteur des magasins (secteur F) était surmonté de cet étage (fig. 142 et 143). Ces espaces étaient étroits et accolés les uns aux autres. Cette organisation correspond à la fonction de ces espaces : les magasins des palais étaient étroits. De plus, l’étroitesse des pièces aidait à limiter la portée des poutres, ce qui permettait au système architectural de supporter les pressions. On ne peut pas dire que la même organisation ait été répétée à l’étage, car celle-ci ne présentait alors aucun intérêt si on l’avait déjà réalisée1261 : il n’est pas logique de construire au premier niveau des pièces dont la forme est identique à celle des magasins. On avait sans doute besoin de larges pièces correspondant aux nécessités de l’habitation. Nous pouvons dire que l’ensemble du réseau structural du rez-de-chaussée n’était pas reproduit précisément à l’étage et que de nouveaux volumes ont été construits grâce à l’abandon de certains murs du rez-de-chaussée qui servaient alors uniquement à soutenir l’étage.

Avant de parler de l’organisation de ces appartements, nous voulons différencier les pièces de l’étage de celles du rez-de-chaussée afin de ne pas les confondre. Les spécialistes ont réservé les mêmes numéros que l’on a utilisés pour le rez-de-chaussée en leur affectant l’indice prime1262. Nous allons utiliser la même méthode. D’après la nouvelle étude de ces appartements, il semble que les deux salles 220’-219’ et un groupe de deux salles 121’ et 122’ formaient la grande salle 220’de dimensions habituelles (14,70 m de long sur 11 m de large)1263. Les murs de cette dernière salle étaient de 8 m de hauteur dont le mur méridional qui a été décoré (fig. 144) d’une peinture murale1264. A l’exception de ce dernier mur1265, d’autres murs ont été probablement percés de fenêtres au-dessous de la couverture.

Au Nord de la grande salle 220’, se trouve au rez-de-chaussée une unité composée de quelques pièces, munies d’un système ascensionnel, puisque la salle 126 du rez-de-chaussée forme la première volée, conduisant à un palier dans la partie Est de 126 qui occupait aussi la salle 125’ (niveau supérieur). A partir de là une nouvelle montée d’escalier a été élevée au-dessus de la salle 124 (niveau inférieur) permettant d’établir une liaison avec le niveau supérieur. A l’étage, ce système permet de faire partir du palier 126’ un axe de circulation en direction de la grande salle 220’. Il rejoignait d’abord la seconde volée ascensionnelle, ensuite on atteignait la grande salle 220’ en traversant le vestibule 119’. Concernant les deux salles 118’ et 117’ elles étaient accessibles par le biais de la porte installée dans le mur Nord de la salle 220’1266.

Au Sud de la grande salle 220’, une unité constituée de quatre pièces se trouvait au rez-de-chaussée (215, 216, 217 et 218). L’organisation de cette unité du niveau inférieur n’était pas répétée à l’étage. Les trois salles 215, 216 et 217 formaient une salle allongée 216’, entourée du plusieurs pièces (218’, 255’ et 226’), plus longue que la salle 220’ (15,5 m), elle atteint 6 m de largeur1267.

Les appartements royaux comportent aussi cinq petites pièces, situées au Sud-Ouest de la salle 220’. Elles pourraient avoir eu leur débouché au niveau de 68 bis’ qui deviendrait ainsi le point de rencontre de certaines circulations de l’étage1268. Leurs dimensions laissent à penser qu’elles servaient probablement de pièces de services.

Notes
1261.

Margueron J.-C, Pierre-Muller B., Renision M., 1990, p. 438.

1262.

Idem, p. 440.

1263.

Idem, p. 440.

1264.

Idem, p. 442.

1265.

Parce qu’il était décoré, il ne pouvait pas donc être percé des fenêtres.

1266.

Idem, p. 444.

1267.

Margueron J.-C, Pierre-Muller B., Renision M., 1990, p. 445.

1268.

Idem, p. 445.