3.4.1.3 - Position

Nous avons déjà signalé que, à l’exception de quelques palais secondaire de Mésopotamie de l’époque d’Ur III et de la période paléo-babylonienne, tous les monuments se trouvent au centre de la ville ou dans un lieu proche du centre. Les autres palais orientaux ont été construits dans des emplacements divers. Une partie de ces bâtiments a été installée au milieu de la cité, comme les palais mésopotamiens datant de la période d’Ur III à l’époque paléo-babylonienne. Citons par exemple tous les palais d’Ebla (fig. 146) qui appartiennent au bronze ancien et au bronze moyen, ainsi que le palais de Qatna (fig. 147), datant du bronze récent. Contrairement à ces derniers monuments et aux palais mésopotamiens, d’autres édifices (Ougarit, Alalakh VII, Meggido1302) (fig. 148 et 149) n’ont pas été bâtis au centre de la ville, mais à proximité de la porte de la cité. Le palais de Qarni-Lim à Tell Leilan se trouvait par exemple à proximité du rempart nord et de la porte de la ville, ce qui permettait au seigneur d’y entrer sans parcourir un long chemin. Il est probable que ces édifices ont été construits à cet emplacement pour la même raison. La position du grand palais d’Ougarit permet de définir d’autres raisons expliquant l’édification du palais en ce lieu. Celui-ci se dressait en effet sur la bordure occidentale de la cité, face de la mer. Cette situation lui permettait de dominer à la fois la plaine avec ses jardins verdoyants s’étendant jusqu’au rivage et l’ancien port1303. Grâce à cette position il pouvait contrôler l’entrée ouest de la cité1304. Les deux autres palais d’Ougarit ont été construits dans le même quartier que le grand palais royal, assez loin du centre de la ville. La même caractéristique se répète dans les autres palais de la côte syrienne (Ras Ibn Hani) (fig. 150), puisque les deux palais (nord et ouest) sont installés dans des emplacements éloignés du cœur de la ville.

En ce qui concerne les bâtiments voisins des palais orientaux, la plupart des palais mésopotamiens qu’on a analysés dans les deux premières parties ont été édifiés dans un quartier voisin de celui des temples. Cette caractéristique a été répétée dans le palais nord et le palais septentrional d’Ebla par exemple. Le premier édifice se trouvait immédiatement au Sud de la grande aire sacrée d’Ishtar, dans la ville basse, le principal temple public de cette déesse1305. Le second bâtiment se situe au Nord-Ouest de la ville basse, près du temple d’Ishtar. Ceci nous rappelle le palais de Tell al-Rimah, installé à proximité du temple de la même déesse. Nous avons déjà signalé que, à la phase 1, le palais de Tell Asmar était contigu au temple de Shu-Sin. On peut voir la même caractéristique dans le palais VII d’Alalakh qui était aussi contigu au temple voisin. Les deux bâtiments ont probablement été construits à la même époque1306. Le complexe palatial d’Ougarit comportait plusieurs bâtiments, dont le palais royal et le temple palatial. Bien que les deux étaient voisins, on ne peut pas dire que le palais possédait la même caractéristique que les deux autres palais. A Ougarit en effet, une grande distance existe entre les palais et les temples. Le palais royal d’Ougarit et les deux autres palais voisins se trouvent dans un quartier résidentiel, puisque les véritables temples de la ville se situent dans le centre de la ville et dans la ville basse est.

En Crète, le temple n’était pas construit à proximité des palais. En effet, celui-ci était le seul édifice d’aspect monumental que l’on connaissait dans cette ville1307, contrairement aux palais mésopotamiens et à certains autres palais orientaux qui se trouvaient, eux, près des temples.

Notes
1302.

Miglus P. A., 2003-255, p. 234.

1303.

Callot O., 2008, p. 44.

1304.

Margueron J.-C., 2008, p. 49.

1305.

Matthiae P., 2002-2003, p. 137.

1306.

Woolley C. L., 1955, p. 91.

1307.

Pelon O., 1987, p. 187.