Les matériaux de construction étaient employés en Mésopotamie pour divers éléments du palais. Les briques cuites et crues jouaient un rôle important pour construire les sols et les murs (fondation, soubassement et élévation). L’emploi de la pierre concernait essentiellement les socles et les crapaudines. L’usage de ce matériau était très rare pour le dallage et pour les murs. Le bois était le matériau principal dans la construction de la couverture des pièces des palais (poutres) et il pouvait être utilisé pour les portes et peut-être quelques escaliers.
Au contraire des murs des palais mésopotamiens qui étaient construits en briques crues et cuites, les murs du palais royal d’Ougarit étaient seulement faits des pierres1319. Ces murs sont composés de fondations en moellons bruts et d’élévations en pierres de taille (murs importants) ou en moellons bruts (murs secondaires). Entre ces deux parties des murs, un socle de pierres de taille était couronné par un chaînage horizontal en bois1320. Il s’agit de la même technique qu’en Mésopotamie, mais la différence entre les deux régions est qu’on utilisait en Mésopotamie le bois et les roseaux, tandis que le palais royal d’Ougarit connaissait seul le bois. Comme dans les palais mésopotamiens, l’enduit recouvrant les murs du grand palais royal d’Ougarit était en terre. Au contraire du palais d’Ougarit qui utilisait en particulier la pierre pour construire toutes les parties des murs, son emploi était limité dans les autres palais orientaux (Qatna, d’Alalakh VII, Ebla), puisque le principal matériau utilisé dans ces édifices était la brique. Dans le palais de Qatna, on utilisait la pierre de basalte pour édifier les bases des colonnes du hall C et pour former un lit sous les fondations en briques crues des murs. On employait également la pierre à chaux dans la construction de certaines fondations. De très gros rochers ont aussi été utilisés pour ériger le mur sud et est de l'antichambre des tombeaux royaux1321. Les palais mésopotamiens n’utilisaient pas la pierre pour constituer les bases des colonnes, parce qu’on n’en trouvait pas dans les palais mésopotamiens de l’âge du bronze. Seul l’espace 28 du palais d’Uruk disposait d’un tel aménagement, mais, cette fois, les bases des colonnes étaient en briques. L’usage de la pierre dans le palais de Qatna se retrouve dans les palais mésopotamiens. Sous les fondations du palais ancien d’Assur et celui A de Tuttul, se trouve une couche de graviers destinée peut-être à la même fonction qu’un lit de pierre retrouvé sous les fondations du palais de Qatna1322. Comme le palais de Qatna, dans plusieurs pièces du grand palais royal de Mari, des fondations en pierre permettaient peut-être d’assurer une base solide afin de soutenir le mur1323. Bien que la brique soit le principal matériau de construction des tombeaux royaux du palais oriental de Mari, la pierre y était également utilisée. On observe le même phénomène dans le palais de Qatna. La pierre était aussi un matériau secondaire dans le palais d’Alalakh VII. En effet, elle était employée dans la construction des murs, comme, par exemple, la salle 5, puisque les murs de la partie intérieure ont été alignés par des orthostates de basalte. Les montants et linteaux de portes des palais mésopotamiens étaient faits de bois, alors que le basalte était le matériau utilisé dans le palais VII d’Alalakh. On retrouve effectivement, sur la porte de la salle 17 de ce monument, un linteau et des montants en basalte1324. L’architecture royale d’Ebla emploie ce matériau (calcaire et basalte), mais son usage est limité (socles des soubassements1325, soubassements des murs, fondations1326, certains escaliers, meules, seuils, bassins1327). A l’exception des bassins et des meules, on utilisait la pierre dans les palais mésopotamiens pour les mêmes usages qu’à Ebla.
En ce qui concerne les sols, trois techniques principales étaient employées dans le palais royal d’Ougarit. Les sols en terre battue qu’on utilisait dans les palais mésopotamiens constituaient l’une de ces techniques. La deuxième technique, des sols recouverts d’un enduit de mortier assez fin, n’était pas connue dans les palais mésopotamiens. La troisième et dernière technique utilise la pierre, puisque le sol de certaines cours (cour I) et de pièces où se déroulaient des activités en relation avec l’eau, était dallé en pierres. Les architectes utilisaient cette technique dans les palais mésopotamiens, mais de façon exceptionnelle car les sols étaient en particulier faits de briques crues.
La bonne conservation de nombreux secteurs des palais mésopotamiens permet de restituer leurs portes, dont les vantaux étaient constitués en bois. Aucun vantail n’a été retrouvé et seuls, les restes de vantaux et d’autres éléments de portes ont été découverts. On a retrouvé plusieurs portes dans le grand palais d’Ougarit, mais leurs vantaux de bois avaient également disparus. Une partie de ces derniers vantaux était similaire à ceux des palais mésopotamiens, puisqu’ils pivotaient dans des crapaudines. Les vantaux de la seconde partie étaient fixés à des chambranles dont on a retrouvé des traces1328.
Le bois était employé pour construire les escaliers dans le palais d’Ougarit : la première volée était en pierres de taille, suivie d’une ou deux autres en bois1329. Ces installations nous rappellent l’escalier de la salle 81 du grand palais royal de Mari qui était fabriqué avec deux matériaux (brique et bois). En effet, ce matériau était aussi utilisé dans le palais d’Alalakh (niveau VII) pour deux pratiques : la première est identique aux derniers palais, c’est-à-dire la construction des escaliers1330, la seconde concerne les colonnes, car quatre colonnes de bois étaient installées dans la salle d’audience pour la diviser1331. Un archéologue, P. Pfälzner, considère que le couloir K du palais de Qatna, était peut-être pourvu d’un escalier en bois1332. Il n’est pas étonnant d’y voir un escalier construit avec ce matériau, parce que Qatna contrôlait des régions boisées et assez proches. Toutefois l’absence de restes d’un tel escalier à cet endroit s’oppose à cette hypothèse. Comme nous l’avons noté plus haut, le bois a été utilisé pour chaîner les murs. Cette technique n’est pas identifiée dans les palais mésopotamiens et dans le palais royal d’Ougarit seulement, mais aussi dans le palais VII d’Alalakh. Selon l’analyse architecturale de l’angle sud-est de la salle 4 de ce palais, on observe l’existence de poutres de chaînage longitudinales et transversales1333, similaires à celles retrouvées dans la salle 81 du palais royal de Mari. On a aussi employé le bois dans le palais de Qatna. Il s’agit du bois de cèdre, apporté à Qatna des montagnes voisines du Liban (80 km de distance approximativement) ou des montagnes côtières syriennes (60 km de distance approximativement).Le bois de cèdre était probablement utilisé pour les colonnes du hall C et d'autres pièces(X et O), ainsi que pour les plafonds de plus de 80 pièces. Le transport de bois de cèdre depuis le bas des montagnes jusqu’à Qatna se faisait à dos d’animaux ou sur des chars tirés par des animaux1334. Le cèdre était également employé en Mésopotamie, mais il est difficile de déterminer si ce matériau était utilisé dans la construction du plafond (palais de Qatna). Par ailleurs, les régions du cèdre étaient contrôlées par Qatna et n’étaient pas trop éloignées1335, ce qui permettait d’importer une grande quantité de bois pour couvrir les pièces officielles, dont la surface était plus importante que celles des palais mésopotamiens. Au contraire, la Mésopotamie était assez éloignée de ces régions, ce qui devait vraisemblablement poser problème pour en obtenir.
Le plâtre qu’on utilisait, dans les palais mésopotamiens, principalement pour revêtir les murs, mais également pour couvrir les briques du sol dans certaines pièces, était également employé dans les autres palais orientaux. On a pu identifier cette utilisation dans la salle 5 du palais VII d’Alalakh : ses murs, au-dessus des orthostates de basalte, étaient en effet revêtus du plâtre1336. Un autre mode d’utilisation de ce matériau a été identifié : dans la salle BW du palais de Qatna, un sol de plâtre, datant de la phase G8 de ce bâtiment, était partiellement préservé1337.
Callot O., 2008, p. 57.
Idem, p. 57.
Pfälzner P., 2007, p. 31 et 33.
Cf. Ci-dessus, p. 224.
Cf. Ci-dessus, p. 224.
Woolley C. L., 1955, p. 95.
Matthiae P., 2002, p. 562, 1987, p. 154 et 1980, p. 42.
Matthiae P., 1980, p. 42-45.
Matthiae P., 1987, p. 140,143, 157-158.
Callot O., 2008, p. 58.
Idem, p. 58.
Woolley C. L., 1955, p. 93.
Woolley C. L., 1955, p. 92.
Pfälzner P., 2007, p. 46.
Pierre B., 1987, p. 572.
Pfälzner P., 2007, p. 33-34.
Idem, p. 34.
Woolley C. L., 1955, p. 92.
Pfälzner P., 2007, p. 41.