3.4.7.1 - Les raisons de la rareté des installations de la vie quotidienne dans la plupart des palais orientaux

Plusieurs raisons expliquent l’absence d’une grande partie des installations de la vie quotidienne. La destruction est notamment responsable de l’absence d’une partie des installations domestiques des palais. Dans le palais royal d’Ougarit et le palais d’Uruk par exemple, on n’a retrouvé que quelques installations hydrauliques seulement. Ces deux palais étaient habités par le roi. Il est donc logique d’y aménager des cuisines et des magasins. En effet, le palais d’Uruk comportait des magasins, mais aucun matériel concernant cette fonction, comme des jarres de stockage ou des banquettes pour caler les jarres, n’a été retrouvée.

Un certain nombre de palais orientaux (palais G et E d’Ebla, palais de Tell al-Rimah et palais de Samsi-Addu à Tell Leilan) n’ont pas été complètement fouillés, ce qui pose problème pour connaître l’ensemble des installations de la vie quotidienne de ces édifices. A l’exception du palais E d’Ebla, on a retrouvé dans ces derniers bâtiments des installations de la vie quotidienne : des salles de bain (palais de Tell al-Rimah et palais de Samsi-Addu à Tell Leilan), des magasins (palais G d’Ebla, palais de Tell al-Rimah et palais de Samsi-Addu à Tell Leilan) et des cuisines (palais de Samsi-Addu à Tell Leilan). Les parties fouillées de ces palais ne livrent pas de toilettes. Il n’est pas logique que ces palais n’en possèdent pas. La poursuite des travaux de fouille permettra probablement d’en identifier à l’avenir.

Nous pouvons conclure que certaines installations découvertes dans certains cas (cuisines du palais de Samsi-Addu à Tell Leilan) n’ont pas été retrouvées dans d’autres cas (palais G et E d’Ebla, palais de Tell al-Rimah). Il nous semble pourtant que les cuisines étaient une partie indispensable de ces édifices pour préparer les repas royaux, même s’il n’est pas possible de définir leur emplacement et leurs caractéristiques à cause de l’inachèvement des travaux de la fouille.

D’après l’analyse des palais mésopotamiens des deux premières parties et l’étude de l’état de conservation des palais orientaux, nous avons constaté que la construction de nombreux palais orientaux (palais P archaïque d’Ebla, bâtiment méridional d’Eshnunna, palais d’Assur et palais de Larsa) n’était pas achevée. Dans ce cas, il est normal de ne pas retrouver des aménagements concernant la vie quotidienne, parce que ces édifices n’étaient pas occupés.

En outre le rôle que le palais jouait et sa taille sont une raison importante expliquant la rareté des aménagements domestiques. Nous avons déjà indiqué que la superficie du palais de Qarni-Lim à Tell Leilan est de 300 m². Un palais qui avait une telle superficie n’avait sans doute pas besoin d’un grand nombre de pièces de service, de salles d’eau et de magasins. De plus, cet édifice n’était habité que temporairement, ce qui laisse penser que ces quelques installations domestiques étaient suffisantes. Au contraire, les dimensions du grand palais de Mari sont importantes (27000 m²) car il était la résidence royale où le roi et sa famille habitaient. Ce grand édifice comportait aussi des logements pour les esclaves et la maison des femmes. Nous pouvons dire que ce monument d’une grande surface abritait de nombreux secteurs d’habitation occupés par beaucoup de personnes. Dans ce cas, il était nécessaire d’y construire des réserves, des salles de bain, des toilettes et des services, en plus grande quantité que dans d’autres édifices, moins grands et moins importants que le palais de Mari.