Comme dans tous les logements, qu’il s’agisse de palais ou de simples maisons, les occupants ont besoin de ressources en eau pour diverses activités (alimentation, nettoyage, lavage etc.). Les puits jouaient un rôle principal pour cet objectif, car ils fournissaient en eau les palais au Proche-Orient. Le grand palais de Mari et d’autres palais orientaux sont de bons exemples de ces installations.
A proximité de la façade nord du palais de Mari (fig. 170), et dans une position marginale, a été retrouvé un puits destiné à fournir en eau les occupants du palais. La ville de Mari, située dans une région désertique, souffre peut-être d’un manque de pluie, ce qui aboutit probablement à utiliser toute l’eau du puits. La question qui se pose est alors de savoir comment les occupants du palais pouvaient assurer leur approvisionnement en eau une fois le puits à sec ? Il est probable que, dans ce cas, le palais puisait l’eau de l’Euphrate, puisqu’une canalisation s’étendait de l’Euphrate à la ville, afin d’approvisionner cette dernière en eau. Ce grand bâtiment civil tirait peut-être l’eau dont il avait besoin de cette canalisation.
Le palais royal d’Ougarit livre aussi de nombreux puits (fig. 171), mais, au contraire du palais de Mari, ces installations ne sont pas aménagées à l’extérieur du palais : elles sont placées dans les pièces, à l’intérieur de l’édifice. De plus, ces installations étaient construites en pierres, alors que le puits du palais de Mari, était fait en briques dans sa partie supérieure et en pierres dans sa partie inférieure1448. Tandis qu’aucun aménagement associé au puits n’a été retrouvé dans le palais de Mari, les puits du palais d’Ougarit étaient reliés à des auges en pierre et ou à des bassins et des margelles1449.
Y. Calvet1450 estime que ces puits suffisaient à fournir le palais en eau et qu’il n’était pas nécessaire d’en apporter de sources voisines. Nous pensons que cette hypothèse est valable, parce que la région de la côte syrienne est riche en eau grâce à la pluie. Ceci laisse penser que ces ressources étaient probablement toujours remplies d’eau et que, au contraire du palais de Mari, il n’était pas urgent d’en ramener d’une ressource voisine.
Parrot A., 1958a, p. 334.
Calvet Y., 2008, p. 63.
Idem, p. 63.