Nous avons déjà signalé que la plupart des palais mésopotamiens possédaient des installations hydrauliques telles que les systèmes d’évacuation des eaux usées, concentrés en particulier dans les espaces à ciel ouvert et dans les salles d’eau. Ces systèmes (canalisations et puisards) étaient construits en briques. Des systèmes similaires ont été aménagés dans le palais royal d’Ougarit (fig. 172). Cette fois-ci cependant, le matériau de construction n’était pas la brique, mais la pierre. Sous le sol du palais se trouvait un réseau de canalisations invisibles en pierres (couvertes de dalles de pierres), menant l’eau de pluie ou les eaux usées hors du palais1451.
Outre ces dernières installations, plusieurs palais mésopotamiens possédaient également des bassins construits en briques. La plupart de ces bassins se trouvaient dans des espaces à ciel ouvert, destinés à l’irrigation des plantes, à des pédiluves ou à rafraîchir l’air. Le palais royal d’Ougarit connaissait la même technique, puisque celui-ci a livré quatre bassins dont trois se situent dans les espaces à ciel ouvert et le quatrième dans une salle1452. Ce qui attire l’attention, c’est le bassin de la salle du bassin (locus « ex-cour V ») (fig. 173) qui possède des dimensions qu’on ne retrouve pas dans les palais mésopotamiens. Il est en effet vaste (8 x 6 m)1453. Il existe une autre différence entre les deux : ce bassin est alimenté par un puits situé à l’extérieur du palais, au moyen d’une canalisation passant sous les murs du bâtiment. Les bassins des palais mésopotamiens ne connaissaient pas cette caractéristique. Malgré ces différences, il y a une similitude avec les bassins de Yahdun-Lim et de Zimri-Lim, situés dans la cour 106 : il existe en effet des escaliers dans tous les bassins1454.
Au contraire des bassins des palais mésopotamiens et du palais royal d’Ougarit qui étaient destinés à l’irrigation, à des pédiluves ou à rafraîchir l’air, le palais occidental d’Ebla a livré les fragments de relief d’un bassin à fonction rituelle1455. On a retrouvé, au centre du hall C du palais de Qatna, entre les quatre colonnes, une installation similaire. Il s’agit d’un bassin de basalte de 1,6 m de diamètre et de 45 cm de profondeur. Le fouilleur l’a appelé ainsi : le lac sacré dans laquelle on mettait l’eau sacrée1456. Un autre archéologue s’oppose à cette hypothèse et suppose que cette installation n’était pas utilisée pour l'eau, parce qu’elle n’était pas équipée d’unesortie d’eau. Il suppose qu’il serait plus convainquant de le restituer comme un bassin houiller équipé d'une énorme cheminée rectangulaire entre les quatre colonnes centrales du hall. La présence de charbon au centre du hall C peut être un argument au profit de cette hypothèse1457. Cet aménagement, composé d’un foyer entouré de quatre colonnes, a été fait dans les mégarons de Mycènes, en mer égéenne, comme dans les palais de Tiryns et de Pylos1458. La découverte d’une certaine quantité de charbon à cet emplacement ne prouve pas avec certitude qu’un foyer y était aménagé. En effet, le hall C était partiellement ou complètement couvert. Or ce palais a été violemment détruit à l’époque de Shuppililiuma I1459. Il est donc probable que le bois de la couverture de ce hall ait été brûlé, ce qui aboutirait alors à la production du charbon retrouvé. Ceci nous conduit à penser que cette installation était un bassin.
Calvet Y., 2008, p. 64.
Idem, p. 64.
Idem, p. 64.
Cf ci-dessus, p. 227.
Matthiae P., 2002, p. 567-568.
Novak M., Pfälzner P., 2002, p. 80.
Pfälzner P., 2008, p. 44-45.
Idem, p. 45.
Pfälzner P., 2008, p. 42.