En comparant les palais mésopotamiens datant de la fin de l’âge du bronze et du bronze moyen, il apparaît que seul le grand palais royal de Mari connaissait les peintures murales. Toutefois ce type de décorations est très important en Mésopotamie, notamment parce qu’il est employé pour manifester la majesté royale. De plus, grâce au thème religieux de la plupart des ornementations du palais de Mari, ces représentations nous fournissent des informations essentielles concernant les déesses adorées dans cet édifice royal et a relation entre vie politique (roi) et vie religieuse (déesses)1461.
D’autres palais orientaux étaient également décorés (Alalakh VII, Qatna, Meggido VIII et Ougarit « royal »1462) mais cette ornementation n’était pas aussi bien conservée que dans le palais de Mari. Ainsi, la quantité de peintures murales retrouvées dans plusieurs secteurs du rez-de-chaussée du grand palais royal de Mari et dans les appartements royaux de l’étage, était plus importante que dans les autres palais. La salle 5 du trône du palais VII d’Alalakh était pourvue d’un bandeau de plusieurs couleurs (jaune, brun et noir), situé à environ 1 m du sol1463. Ce bandeau nous rappelle le triple bandeau (rouge-bleu-rouge) de la cour 106 du palais de Mari, bien que les couleurs diffèrent1464. Le palais VII d’Alalakh présente une autre caractéristique qu’on trouve dans le palais de Mari. Nous avons déjà indiqué qu’on a retrouvé, dans une pièce du secteur des magasins du palais, des fragments de peintures murales dont nous avons conclu qu’il s’agissait d’éléments appartenant aux peintures murales tombées des appartements royaux situés au-dessus des magasins. De même, au dessus des magasins 11-12-13 du palais d’Alalakh, une grande salle d’appartements royaux offre des indices de l’existence de peintures murales situées au-dessus de ses fenêtres1465. Si les peintures murales présentent spécialement des thèmes religieux et politiques à Mari, les peintures du palais d’Alalakh comportent des registres de paysages1466.
Dans le palais royal d’Ougarit, il semble que le décor se concentrait dans les salles du bloc officiel ou le long de certains circuits privilégiés. En effet, même si la peinture disparu : il ne reste qu’un petit fragment prés de la salle du trône1467, les parois étaient, à ces emplacements, pourvues du support du décor peint, un enduit de terre plus fin, appliqué sur une surface piquetée.
Cf. Ci-dessus, p. 147.
Miglus P. A, 2003-2005, p. 240.
Pierre B., 1987, p. 551 et Woolley C. L., 1955, p. 92.
Margueron J.-C., 2004, p. 462.
Woolley C. L., 1955, p. 94.
Pierre B., 1987, p. 570.
Callot O., 2008, p. 58.