3.5.5 - Les sanctuaires

Seuls deux palais mésopotamiens comportaient des secteurs religieux. Il s’agit du grand palais royal de Mari (chapelle 132 et secteur sacré) et de la phase 1 du palais de Tell Asmar (secteur de chapelle). Les sanctuaires étaient au contraire construits dans de nombreuses maisons privées mésopotamiennes, en particulier à Ur1533.

Larsa est une des villes mésopotamiennes dans laquelle on a retrouvé un grand nombre de maison. Selon Calvet Y1534, aucun élément architectural ne permet la présence de chapelles privées dans les maisons. Malgré cela, cet archéologue suggère que l’on puisse donner aux banquettes que l’on a retrouvées dans les maisons de Larsa, un caractère religieux. Nous ne pouvons pas adopter cette hypothèse avec certitude, parce qu’elle n’est pas renforcée par des découvertes archéologiques (statues) et architecturales (autel).

Le cas d’Ur est différent de celui de Larsa où les sanctuaires domestiques sont nombreux. Selon Calvet Y1535., la raison en est probablement qu’à Ur, les quartiers d’habitation fouillés se situent dans un quartier lié aux sanctuaires et habité par les prêtres ou par des gens qui leur sont proches. Au contraire, les grandes maisons de Larsa étaient construites dans un quartier plus profane, occupé par des marchands et loin des zones sacrées. Cet argument n’est pas convaincant, car à l’époque paléo-babylonienne où les grandes maisons de Larsa étaient construites, il existait différents modes de religiosité : une croyance royale liée aux rois et une croyance populaire concernant les pauvres, comme les esclaves qui travaillent aux palais. Ceci nous conduit à penser que les autres hommes étaient également religieux, comme par exemple les commerçants de Larsa. Si notre hypothèse est bonne, nous pouvons présenter une autre hypothèse sur la présence d’une chapelle privée. Il est probable que les maisons de Larsa comportaient des sanctuaires, mais on ne peut en définir davantage, ceci étant dû à la destruction ou au vol de leurs matériels permettant l’identification de cette fonction.

En comparant les maisons d’Ur avec les palais mésopotamiens datant d’Ur III à l’époque paléo-babylonienne, nous remarquons que seuls deux palais mésopotamiens (grand palais de Mari et la phase I du palais de Tell Asmar) possèdent des sanctuaires, alors qu’un plus grand nombre était aménagé dans les maisons d’Ur. En raison de la petite taille des maisons par rapport aux palais, celles-ci ne pouvaient comporter que de chapelle et il n’était pas possible de construire un temple comme celui identifié dans le grand palais de Mari. En ce qui concerne le nombre de chapelles, chacun des deux palais mésopotamiens (grand palais de Mari et la phase I du palais de Tell Asmar), n'en comprend qu'une seule. C’est le cas de la plupart des maisons en comportant à Ur. Toutefois, les deux maisons (N.I Old Street et N.IV Paternoster Row) de ce dernier site diffèrent des autres maisons et des deux palais mésopotamiens. Cette fois-ci, dans chaque maison, deux chapelles étaient construites1536. Si on compare la chapelle du grand palais de Mari 132 et celles des maisons avec la chapelle du palais de Tell Asmar, il semble que les chapelles du premier cas se composent d’une seule pièce, alors que le second cas présente un grand secteur, formé d’un espace central, entouré d’une couronne de pièces dont une partie jouait un rôle domestique.

Les différences significatives entre les palais et les maisons sont reliées aux aménagements. Aucun matériel de fonction religieuse (autel, podium, statue etc.) n’a été retrouvé dans la chapelle de la phase I du palais de Tell Asmar. Ceci nous pousse à insister sur les études de textes et de sceaux qui ont identifié la fonction religieuse de ce secteur. Au contraire, la chapelle 132 du grand palais de Mari a livré des installations permettant d’identifier la fonction sacrée de cette salle. On y a retrouvé une peinture murale sur le mur ouest, un podium en terre, surélevé d’une marche installée au pied et au centre de la paroi méridionale, en face de l’entrée. De plus, deux niches étaient aménagées dans le mur sud. La présence d’une décoration avec podium de terre est un bon argument pour définir une fonction sacrée. En effet, la décoration avait un thème religieux, ce qui confère donc à cette pièce une fonction belle et bien religieuse. Par ailleurs, le podium de terre était spécialement aménagé dans une salle de vocation sacrée. En effet, la décoration avait un thème religieux, ce qui confère donc à cette pièce une fonction esthétique et religieuse. Par ailleurs, le podium de terre était spécialement aménagé dans une salle à vocation sacrée. En effet, on a retrouvé dans les chapelles des maisons, des aménagements différents de ceux de la dernière chapelle : des tables, des tombes, des foyers à encens, des plates-formes, des sépultures et une base de pilier. Cependant, il existe un seul aménagement, similaire à celui de la chapelle 132 : les niches1537.

Notes
1533.

Miglus P. A., Strommenger E., 2007, p. 75.

1534.

Calvet Y., 2003, p. 187.

1535.

Idem, p. 187.

1536.

Battini L., 1999, p. 195.

1537.

Battini L., 1999, p. 195.