Ces installations étaient aménagées sous des pièces de réception du secteur officiel (salle du trône du petit palais de Mari et grand hall Q du palais A de Tuttul). On a retrouvé d’autres tombes sous des salles où l'on ne peut définir leurs fonctions : l’espace I du petit palais oriental et les salles O29:1, L30:1, L31:8 et P29:1 qui appartiennent aux différentes phase du palais de Tell Asmar. Lorsque nous avions étudié le secteur administratif des palais mésopotamiens, nous avions conclu que celui-ci est composé d’un espace central, rectangulaire et allongé, entouré d’une couronne de pièces. Ce schéma est conforme à l’espace I du petit palais de Mari et ses dépendances, mais cet ensemble ne peut pas être un secteur administratif pour des raisons déjà signalées. Il jouait seulement un rôle funéraire. C’est le cas des pièces du palais de Tell Asmar.
En comparant les maisons avec les palais, nous remarquons que les caveaux funéraires des maisons étaient également construits sous des salles jouant plusieurs rôles. Ce qui attire l’attention dans les maisons est l’aménagement des tombes (caveau familial) sous une des salles de réception des maisons, de manière identique aux tombes installées sous une des pièces de réception du secteur officiel de certain palais mésopotamiens (salle du trône du palais oriental de Mari et le hall Q du palais A de Tuttul). Larsa donne un bon exemple de ce type de tombe : dans les deux cas, le caveau se situe sous une grande salle, très allongée (salle 3 de B 27 et salle 15 de B 59). La forme de ces pièces est similaire à celle des pièces de réception que nous avons indiquée plus haut dans le palais oriental de Mari et dans le palais de Tuttul. D’après les maisons d’Ur, les sépultures des maisons ne se trouvent pas seulement sous les pièces de réception, mais elles peuvent être placées sous l’escalier ou même sous les toilettes1545. Nous n’en avons pas retrouvées dans des emplacements identiques au sein des palais mésopotamiens datant de la période d’Ur III à l’époque paléo-babylonienne.
Battini L., 1999, p. 405.