1.1.1.2.2. Les causes acquises

Les causes acquises sont moins nombreuses que les causes innées mais représentent tout de même un groupe de plusieurs pathologies. Le plus généralement, elles se définissent par la période du développement où survient l’incident.

Ainsi, les premières causes sont celles qui interviennent durant la grossesse. La consommation de « drogues » (tabac, drogues dures, alcool…) pendant la grossesse est un facteur de risque important. La consommation d’alcool de la femme enceinte entraîne le syndrome d’alcoolisation fœtale chez son enfant (1/2000 naissances, retard mental dans 50% des cas avec une dysmorphie caractéristique du syndrome). L’absorption de certains médicaments peut également être la cause d’une déficience intellectuelle. Durant le premier mois de grossesse, le Valproate de Sodium (Dépakine®) ou de la carbamazépine, deux médicaments indiqués dans le traitement de l’épilepsie, peuvent provoquer des malformations cérébrales et/ou une déficience intellectuelle.

Les maladies sexuellement transmissibles (HIV notamment), les incompatibilités sanguines Rh, l’exposition à des radiations, les infections virales (rubéoles, CMV, toxoplasmose,…) sont autant d’autres causes d’handicap neurologique d’origine prénatale.

Les origines périnatales, c'est-à-dire qui entourent la naissance, sont également nombreuses. La première des causes appartenant aux troubles intra-utérins est la prématurité. Elle se définit par la naissance avant le terme, c'est-à-dire avant 37 semaines d’aménorrhée et lorsque la naissance intervient avant 33 S.A., on parlera de grande prématurité. Les conséquences de la prématurité sont très variables, allant de l’absence de trouble au décès dans les premières semaines de vie en passant par les troubles moteurs (notamment Infirmité Motrice Cérébrale) ou le retard mental. Les souffrances fœtales, qui représentent un autre sous-groupe de pathologies périnatales, sont responsables d’encéphalopathie-hypoxique-ischémique et sont essentiellement liées à des accidents lors de l’accouchement. Par ailleurs, des germes portés par la mère (streptocoque, E-Coli, listéria) sont responsables de méningites bactériennes anténatales.

Les anoxies (noyades), les traumatismes crâniens, les tumeurs cérébrales, les infections (encéphalites, méningites…) et les troubles toxico-métaboliques (intoxication au mercure, au plomb…) constituent les causes postnatales.

Nous venons de voir de nombreux facteurs tant innés qu’acquis qui sont responsables de retard mental plus ou moins sévère. Dans la suite de ce manuscrit, nous ne nous focaliserons que sur des causes innées car ce sont elles qui ont été les plus étudiées en neuropsychologie. En effet, les données comportementales et fonctionnelles sur les pathologies chromosomiques et les génopathies sont beaucoup plus importantes que celles sur les causes acquises, certainement car les anomalies génétiques représentent des groupes de patients plus homogènes. A présent, nous allons décrire le fonctionnement cognitif observé dans certains syndromes afin de démontrer l’hétérogénéité de la déficience intellectuelle.