1.2.3.2. Substrat neuroanatomique de la vitesse de traitement

Les études visant à étudier le substrat neuroanatomique de la vitesse de traitement de l’information ne sont pas nombreuses comparativement aux études comportementales. Cependant, quelques études en champs visuels divisés ont tenté de démontrer des asymétries cérébrales pour une tâche de temps d’inspection visuelle. Ainsi, Nicholls & Atkinson (1993), reproduisant leurs travaux antérieurs (Nicholls & Cooper, 1991), ont étudié chez des sujets normaux adultes droitiers le temps d’inspection visuelle et ont démontré une supériorité de l’hémisphère gauche. Cependant, Sadler & Deary (1996) mettent en avant différents problèmes méthodologiques dans ces deux études (taux de rafraîchissement de l’écran trop lent, utilisation de masques pouvant entraîner des biais…) et démontrent que les deux hémisphères participent de manière équivalente à la vitesse de traitement de l’information. Plus récemment, l’avènement des méthodes d’exploration fonctionnelle telles que l’IRMf ont permis d’apprécier en temps réel les réseaux corticaux activés. Ainsi, Deary, Simonotto, Meyer, Marshall, Marshall, Goddard & Wardlaw (2001) étudient auprès d’une population de sujets sains de bons niveaux intellectuels (étudiants et enseignants-chercheurs d’Université) l’activation et la désactivation des aires cérébrales impliquées lors d’une tâche classique de temps d’inspection visuelle. Premièrement, ces auteurs ont mis en évidence une répartition bilatérale des aires nécessaires à la réalisation de ce type de tâche, allant ainsi dans le sens des résultats de Sadler & Deary (1996). Deuxièmement, ils remarquent que les aires activées lors des comparaisons entre les Temps d’Inspection les plus rapides (40 ms) et les moins rapides (200 ms) correspondent à celles décrites lors des études portant sur la mise en évidence de « l’intelligence » en imagerie fonctionnelle (cf chapitre 2.1), c’est-à-dire essentiellement au niveau des lobes frontaux et pariétaux et du gyrus cingulaire (BA 6, 21, 32 et 40). Deary et al. (2004) vont plus loin en augmentant le nombre de sujets (N=20 au lieu de N=7) et en habituant le sujet à l’épreuve avant et en dehors de l’imageur. Les résultats ainsi obtenus confirment ceux de Deary et al. (2001) en démontrant une activation des aires antérieures pour les temps de présentation les plus courts (c’est-à-dire les plus difficiles) et une activation des aires postérieures pour les temps les plus longs. Ces activations – désactivations, en fonction de la complexité de la tâche, sont retrouvées par Waiter et al. (2008) sur une population de sujets âgés.