3.1.2. Les limites de nos études

Les résultats que nous obtenons sont intéressants mais il est indéniable que certains paramètres auraient pu être améliorés. Tout d’abord, nous sommes totalement conscients que nos études peuvent manquer de puissance par le manque de sujets notamment dans le groupe dyspraxie verbale. En effet, nous avons conclu pour ce groupe sur seulement neuf sujets ce qui est très peu. Il faut donc rester prudent sur l’interprétation des résultats obtenus. A notre décharge, l’incidence de la dyspraxie verbale est très faible (0,125% de la population), il fut donc très compliqué de trouver des participants. Par ailleurs, cette tâche s’avéra difficile pour plusieurs sujets qui ne purent donc être inclus dans les analyses. Le TDA/H présent chez quasiment tous les sujets dyspraxiques verbaux pose également problème car cette épreuve dure environ 10 minutes et ceci peut être un biais. Il conviendrait, à l’avenir, de segmenter cette épreuve en plusieurs blocs séparés par des pauses. Par ailleurs, dans nos études dans le retard mental, nous aurions souhaité pouvoir proposer notre protocole à un groupe de sujets présentant un syndrome de Williams-Beuren. Ceci aurait permis de prouver, de manière plus convaincante encore, le ralentissement général de la vitesse de traitement dans la déficience intellectuelle, quel que soit le syndrome d’origine responsable de retard mental. Malheureusement, les contacts que nous avons pris ne nous ont pas permis de recruter de patients dans le temps imparti de cette thèse.

Le ralentissement de la vitesse de traitement de l’information dans la déficience intellectuelle pourrait être imputé à des difficultés de motivation pour la tâche de temps d’inspection telle qu’elle est présentée. En effet, les personnes déficientes ont souvent des problèmes de motivation ou d’implication dans la tâche (Büchel & Paour, 2005). Anderson avait pallié ce biais en faisant de la tâche un jeu avec des vaisseaux spatiaux qui présentaient des antennes de tailles différentes. Ceci est une possibilité à envisager mais il y aurait peut-être trop d’éléments distracteurs pour nos patients. En effet, pour rendre plus crédible son « jeu », Anderson avait rajouté des éléments de décor (ciel, montagnes,...).

Par ailleurs, on peut imaginer que la prépondérance de réduction de l’acuité visuelle (mais corrigée dans nos études) chez les patients déficients pourrait jouer un rôle sur la vitesse de traitement de l’information. Or, Sharp (1984, cité par Nettelbeck, 1987) a retrouvé une corrélation faible et non significative (- .11) entre l’acuité visuelle et le temps d’inspection chez des sujets âgés et cela sans répercussions sur les corrélations QI – temps d’inspection visuelle. Toutefois, pour s’assurer que la composante visuelle n’intervient pas comme facteur principal, des études de vitesse de traitement en modalités sensorielles différentes (auditives ou tactiles) pourraient également être pertinentes.