3.2.2. Les limites des études

Nous avons relevé plusieurs limites à nos études concernant l’apprentissage procédural implicite. Tout d’abord, il est envisageable que le manque de sujets peut avoir affecté d’une manière ou d’une autre les résultats. Cependant, nous avons tout de même des résultats significatifs qui montrent que la tâche était sensible avec très peu de sujets. Le manque de sujets s’explique par le choix des populations qui sont parfois très difficiles à trouver et à motiver. En effet, le syndrome de l’X-Fragile est rare tout comme la dyspraxie verbale ce qui limite fortement les chances de convaincre les familles de participer. Toutefois, la principale limite concernant les populations fut de ne pas avoir pu intégrer un groupe de patients présentant un syndrome de Williams-Beuren. Cela aurait vraiment été intéressant d’étudier avec notre paradigme l’apprentissage procédural implicite dans ce syndrome en comparaison des deux autres. D’autant plus, qu’aucun consensus ne se démarque dans la littérature scientifique concernant ce syndrome.

D’autre part, l’absence de définition claire de la dyspraxie verbale est également un point important. En effet, nos critères de sélection des participants n’étaient peut être pas assez strictes. Mais cela s’avère vrai pour l’ensemble des publications sur cette population qui mettent en critique expérimentale cette absence de consensus.

Concernant l’épreuve en elle-même, nous n’avons évalué l’apprentissage explicite qu’au travers d’un questionnaire. Au début des expérimentations, nous avions développé une tâche de reconnaissance explicite qui consistait en la présentation de courtes suites de quatre stimuli comparables à ceux de l’expérience implicite. Le sujet devait seulement dire si cette suite correspondait ou non à une suite qu’il aurait déjà vu auparavant durant l’expérience implicite. Mais très vite, il est apparu que cette tâche supplémentaire n’apportait pas plus d’informations car les sujets ne comprenaient pas ce qu’on leur demandait, étant donné qu’ils n’avaient pas perçu la séquence. Par ailleurs, le principe d’interroger verbalement des enfants jeunes ou des personnes déficientes intellectuelles sur la possibilité qu’ils aient vus ou non une séquence peut poser question. En effet, nous nous sommes rendus compte que les patients ne comprenaient pas toujours ce qu’on leur demandait lors du questionnaire d’apprentissage explicite. Aucun ne nous a dit avoir perçu quelque chose mais nous ne sommes pas certains que ce soit réellement le cas et qu’aucune conscience de la tâche ne soit réellement intervenue.