A4.3. Conclusion des études de cas

Les deux études de cas que nous venons de présenter permettent un éclairage intéressant sur les liens entre la mémoire à court-terme, la vitesse de traitement et l’intelligence. Malgré des dissociations entre les capacités intellectuelles préservées et l’échec aux épreuves de vitesse de traitement, il ne nous semble pas possible de conclure que la vitesse de traitement soit indépendante de l’intelligence car les épreuves de VT des batteries de Wechsler ne sont pas pures. De plus, les mesures que nous avons faites avec une tâche plus adaptée (temps d’inspection visuelle) sembleraient montrer une vitesse de traitement correcte pour les deux patientes. Par contre, le lien mémoire à court-terme verbale/mémoire de travail et intelligence n’est pas tenable selon nous d’après les résultats obtenus dans ces deux cas cliniques. En effet, Chiara et Marie présentent toutes les deux des capacités de raisonnement préservées malgré une atteinte de la mémoire à court-terme verbale dans un cas et de la mémoire de travail dans l’autre cas. Ainsi, un déficit de l’une de deux composantes n’est pas nécessairement suivi d’un déficit des performances intellectuelles. Ces cas cliniques remettent quelque peu en question l’implication majeure de la mémoire de travail (au moins dans sa version auditivo-verbales) dans les performances à une tâche de raisonnement analogique (Kyllonen & Christal, 1990). La mémoire de travail jouerait certainement un rôle non négligeable mais ne serait pas indispensable à la bonne réussite des tests mesurant l’intelligence fluide. Le modèle de Fry & Hale est donc remis en question avec ces deux études de cas cliniques.