2.4. Liens nécessaires entre l’école primaire et les attentes des programmes du collège, relatives à l’enseignement de la statistique

A la lecturedes programmes du collège, en mathématiques, et plus particulièrement au travers du document d’accompagnement (Programmes des collèges, Mathématiques, Introduction générale pour le collège, Hors série N°5 du 9 sept. 2004), nous pouvions extraire huit axes essentiels pour notre étude, qui se dégageaient de ce texte de cadrage préconisé pour l’enseignement des mathématiques :

En conclusion, nous observions que tous ces axes étaient inhérents à la démarche statistique ; son apprentissage entrait donc en cohérence parfaite avec l’orientation donnée au collège pour l’enseignement des mathématiques. Ces axes aidaient par ailleurs à affiner les points d’observation que nous conduirons ensuite lors de l’examen des manuels de mathématiques du cycle III de l’école élémentaire en partie 3.

Regardons maintenant et plus particulièrement, la partie qui concerne cette étude, intitulée : “Organisation et gestion de données - Fonctions”. Qu’en est-il de la continuité école-collège ?

Tableau 15 : L’organisation et la gestion de données au collège
SIXIEME CINQUIEME
- Exemples conduisant à lire et établir des relevés statistiques sous forme de tableaux ou de représentations graphiques, éventuellement en utilisant un ordinateur. - Lecture, interprétation, représentations graphiques de séries statistiques.
- Diagrammes à barres, diagrammes circulaires.
- Classes, effectifs.
- Fréquences.
QUATRIÈME TROISIÈME
- Effectifs cumulés, fréquences cumulées.
- Moyennes pondérées.
- Initiation à l’usage des tableurs-grapheurs.
- Valeur approchée de la moyenne d’une série statistique regroupée en classes d’intervalles.
- Caractéristiques de position d’une série statistique.
- Approche de caractéristiques de dispersion d’une série statistique.
- Initiation à l’utilisation des tableurs-grapheurs en statistique.

Au collège, le terme “statistique” est explicitement utilisé à tous les niveaux et ceci dès la sixième ! “Relevés statistiques”, “séries statistiques” induisent déjà la lecture de l’aspect global d’un ensemble de données à étudier de manière diachronique et/ou chronologique. Le contenu se limite à la statistique descriptive dont les indices perçus s’enrichissent jusqu’en troisième. L’idée d’interprétation n’apparaît qu’en cinquième alors qu’elle était signalée au cycle III de l’école élémentaire. En bilan, nous avions fait le constat de la nécessité réclamée comme incontournable d’un enseignement de la statistique, d’une évolution dans ce sens des programmes de mathématiques de l’école primaire, comme de ceux du collège, et en parallèle, d’une absence de son évocation explicite et de la pauvreté de sa présence réelle à l’intérieur des manuels de mathématiques (révélatrice pourtant des pratiques réelles des enseignants, comme le rappelle le rapport de la DEP, n°44, de septembre 94). Et, plus que ce constat, nous retenions quelques éléments essentiels à la nature statistique ; traits indispensables au façonnage de nos recherches ultérieures. La statistique ne peut ignorer :

De ces premiers constats, nous avons retenu l’élargissement de l’idée de mathématiques, à celle de statistique, implicite dans les programmes, toujours “reléguée” en mauvaise position à l’intérieur des manuels solaires de l’école primaire, et pourtant nécessaire à la continuité avec le collège. L’ensemble nous a donc déjà permis de mettre en lumière des orientations et une partie des lacunes observées. Mais, selon l’usage fait des données, ou selon le caractère questionné, ne s’est-il pas installé, parmi nous et en particulier dans l’univers de l’école, une certaine standardisation des approches ? Ainsi, après avoir relevé la nécessité d’inclure l’apprentissage de la statistique dans la logique des programmes de mathématiques actuels et d’assurer la liaison avec les programmes du collège, portons maintenant notre regard sur les représentations que les acteurs de l’enseignement, enseignants et élèves, ont eux-mêmes de la statistique.