3.1.2. Les résultats de cette première étude

Premières remarques à la lecture globale de l’ensemble des sollicitations statistiques. Tout d’abord, deux observations très générales nous ont fait avancer que :

Par contre, nous assistions alors à une évolution de la présence statistique à l’intérieur des manuels scolaires :

Comment se répartissaient les sollicitations statistiques, en fonction des domaines mathématiques et selon l’axe du temps ?

Figure 22 : Les sollicitations statistiques et les domaines mathématiques
Figure 22 : Les sollicitations statistiques et les domaines mathématiques

Nous remarquions alors une répartition très inégale de la ‘‘présence’’ statistique au travers des différents domaines mathématiques avec une suprématie nette accordée aux liens avec les activités numériques. Comment se répartissaient les sollicitations en les plaçant sur l’axe du temps ?

Figure 23 : Les sollicitations statistiques et l’axe du temps
Figure 23 : Les sollicitations statistiques et l’axe du temps

Ce diagramme exposait chaque action orientée de la situation de départ à celle de la nouvelle situation attendue. Nous observions un ciblage presque unique sur les situations basée sur l’axe Passé / Présent.

Quel était ensuite le profil des tableaux de données statistiques dans les manuels scolaires?

Figure 24 : Le nombre de colonnes des tableaux
Figure 24 : Le nombre de colonnes des tableaux
Figure 25 Le nombre de lignes des tableaux
Figure 25 Le nombre de lignes des tableaux

La variété des profils de tableaux de données statistiques, se retrouvait très vite limitée :

Figure 26 : Les compétences mises en jeu par les élèves à partir des tableaux statistiques
Figure 26 : Les compétences mises en jeu par les élèves à partir des tableaux statistiques

TG : Donner une présentation Graphique à partir d’un Tableau,

RéT : Répondre à une question à partir d’un tableau,

CaT : Faire un calcul à partir d’un tableau,

RaT : Ranger des données à partir d’un tableau,

ReT : Repérer des variables à partir d’un tableau,

LT : Lire à partir d’un tableau,

QT : Poser une question à partir d’un tableau,

TT : Donner une nouvelle présentation tableau à partir d’un premier tableau.

Figure 27 : Les présentations des graphiques statistiques présentés aux élèves
Figure 27 : Les présentations des graphiques statistiques présentés aux élèves

De la lecture de la figure précédente, nous relevions :

Remarque supplémentaire : une seule sollicitation portée aux courbes en escaliers et une seule une présentation couchée.

Mis à part les faibles apports de InG (7 occurrences), de ReG (2) et de RMG (1), les activités élèves, donnaient priorité aux aspects mathématiques sur les aspects statistiques. Nous pouvions dire qu’il y avait installation d’habitudes pour les élèves entre activité réclamée et le type de graphique utilisé (ex : passer d’un tableau à un graphique donne priorité à l’aspect courbe continue). Quelles étaient, en tenant compte cette fois-ci de l’ensemble des résultats précédents, les compétences élèves recherchées à partir d’un graphique ou d’un tableau ?

Figure 28 : Croisement des compétences mises en jeu à partir des tableaux et graphiques
Figure 28 : Croisement des compétences mises en jeu à partir des tableaux et graphiques

En résumé, en regroupant tableaux et graphiques, deux tendances semblaient se dégager :

Figure 29 : Compétences contenues dans les questions intermédiaires
Figure 29 : Compétences contenues dans les questions intermédiaires

Dans ce cas, cette sollicitation portait essentiellement sur des calculs à faire ; de plus, ces calculs privilégiaient les tableaux au détriment des graphiques.

La marque mathématique de l’activité se trouvait doublement exprimée au désavantage des aspects plus statistiques. Si les questions intermédiaires étaient explicitées, trois effets se constataient :

Figure 30: Notions statistiques relevées à l’intérieur des manuels
Figure 30: Notions statistiques relevées à l’intérieur des manuels

Le constat va en premier à la très faible part accordée à l’évocation de ces notions statistiques (de 10 occurrences sur 134 sollicitations statistiques (pour la moyenne) à 1 ( !) occurrence sur 134 (pour les 7 dernières notions mathématiques). Là aussi, la priorité est donnée à un usage mathématique de celles-ci (lecture, calcul de moyenne et pourcentage), à une quasi-inexistence d’interprétation de l’incertitude, d’anticipation (mode, amplitude, interpolation, espace interquartiles, etc.).

En conclusion de cette première étude des manuels scolaires de CM1, nous pouvions alors conclure, qu’il n’y avait pas d’entrée statistique spécifique, ni réellement de sens à des situations statistiques données. Les postures attendues des élèves et donc celles auxquelles ils feront référence plus tard, semblaient inadaptées à l’approche statistique. Dans la plupart des situations, la présence statistique se caractérisait et se limitait à l’exploitation arithmétique des tableaux et graphiques et dans chaque cas, il s’en suivait une standardisation des formes. De toutes les situations, il ne ressortait pas ou très peu de démarche de construction de situations statistiques (enquête, recherche de données, etc.). Une part très faible était également laissée à l’interprétation de l’incertitude, à l’anticipation de l’issue des situations. En présence d’un questionnement ou d’une lecture de graphique, apparaissait la recherche d’effet de linéarité ou non ; donc relevant davantage de la proportionnalité que de l’analyse statistique. Les études ne faisaient que rarement appel à l’évocation des repères statistiques conventionnels (moyenne, mode, médiane, etc.). De plus la prise de décision ne s’appuyait que peu ou jamais, sur une habitude de créer des va-et-vient entre les formes tableau, graphique et présentation littérale, et ne questionnait jamais le choix des formes les plus judicieuses. Dans l’ensemble nous avions donc plutôt affaire à une mise en habitudes techniques mathématiques (opérations arithmétiques), des élèves à partir d’activités organisées autour des tableaux et graphiques plutôt qu’à une analyse en profondeur des logiques de construction statistique en jeu. L’ensemble s’accompagnait de peu de sens donné à un outil statistique permettant de traiter les situations faites en partie d’incertitude, pour en dégager compréhension et prise de décision.