4.2.4 Alerte et sensibilisation des populations : vers une nouvelle approche du risque

La sensibilisation des populations potentiellement menacées reste une politique à mener dans de nombreux pays. Apprendre à détecter le risque de tsunami est une chose. Mettre en place des dispositifs d'alarme efficients en est une autre, mais «Il faut aussi éduquer la population aux risques »250. La notion d’alerte prend donc tout son sens dans la mesure où les médias peuvent participer à la diffusion des alertes251. Prévention et éducation des populations deviennent rapidement un thème important développé par la chaîne. Le terme « prévention » apparaît 24 fois. Ainsi, le 18 janvier 2005, un reportage donne l’exemple du Japon etde son expérience face aux séismes. Contrairement aux pays pauvres, le Japon a les moyens de faire face aux catastrophes : «Grâce à 4000 capteurs et un système informatique qui utilise la radio, la télévision mais aussi les téléphones portables et tous les…et tous les réseaux des administrations locales, la population est ainsi prévenue en trois minutes maximum du risque de tsunami [...] Ici la plage est protégée par des pierres et des digues renforcées. Et comme dans toutes les villes du pays, la mairie apprend aux populations comment se comporter en cas de vagues géante »252. Selon TF1, le pays a mis en place « une formule qui combine technologie et éducation » et à présent c'est « une expérience, que Tokyo veut désormais exporter dans le reste du monde »253. Plus d’un an plus tard, le 17 mai 2006, un reportage est consacré à l’éducation de la population au risque tsunami. Le journaliste évoque un exercice de test d’alerte organisé dans 24 pays du Pacifique, zone propice aux tsunamis. L’expérience du 26 décembre 2004 a donc marqué les esprits : «Objectif : se tenir prêt, en cas de nouveau tsunami. 24 pays du Pacifique ont testé en grandeur nature, les systèmes d'alerte, d'évacuation et de prévention dans toute la zone. L'exercice baptisé Pacific Wave 2006. Une première depuis 30 ans que le centre existe  ». Malgré l’importance récemment accordée à l’idée d’alerte, d’information et de communication, la prévention n’en est qu’à ses débuts comme le montrent les résultats de ce test : « Ces alertes ont semble t-il bien été suivies sur l'ensemble des pays bordés par le Pacifique, à l'exception de sérieux ratés, constatés dans certaines régions de Thaïlande, où les messages d'alerte, envoyés par fax ou sms sont parvenus trop tard à leurs destinataires, en raison d'une saturation des réseaux ». Ce constat est d’autant plus préoccupant que les « erreurs » ont été constatées dans l’un des quatre pays les plus touchés par le tsunami de 2004, celui même où les nombre de touristes décédés est le plus élevé : la Thaïlande.

Notes
250.

Sujet n°13 de Marie-Claude SLICK, diffusé le 10 janvier 2005.

251.

Après la catastrophe du 26 décembre 2004, TF1 évoque de nombreuses alertes au tsunami lors de ses JT. Par exemple, le 3 mai 2006 avec un reportage de Corinne LALO, diffusé à 20h. Il évoque une alerte au tsunami dans le Pacifique Sud (Nouvelle-Zélande et îles Fidji).

252.

Sujet n°20 de Bénédicte DELFAUT, diffusé le 18 janvier 2005.

253.

Ibid.