Conclusion

Il nous a paru important ici de proposer une présentation des pays concernés et d’inclure quelques éléments de leur histoire pour permettre de comprendre la médiatisation du tsunami par TF1 et la manière dont la chaîne essaie de lui donner du sens. Ce chapitre nous permet, en effet, de voir que s’élabore une signification géopolitique du tsunami, fondée sur quatre instances. Tout d’abord, dans l’implication des grandes puissances pour aider les zones affectées et qui leur permet d’exprimer leur présence et leurs intérêts géopolitiques dans cette région du monde, sorte d’espace public géopolitique. Ensuite, les propos de TF1 évoquent les faiblesses des pays (pauvreté ou conflits politiques) ce qui accentue la différence entre les pays riches et les pays pauvres. Ainsi par exemple, la représentation géographique des acteurs des conflits locaux passe par les lieux auxquels ils sont identifiés (Nord et Est du Sri Lanka pour les Tamouls) et les lieux où s’opèrent les confrontations entre chaque partie. Puis, nous avons vu que dans son discours, la chaîne parle des religions, des cultures, des pratiques sociales et des identités locales qui sont éloignées du modèle occidental. Enfin, la réflexion de la chaîne sur les pouvoirs politiques locaux, les orientations économiques, politiques et diplomatiques contribue également à une signification géopolitique de la médiatisation du tsunami. TF1 focalise son attention sur quatre pays particulièrement affectés par le tsunami. Concernant les autres pays touchés, très peu de références sont faites à la situation politique existante. Une réflexion est faite au sujet de la Birmanie, voisine de la Thaïlande, dont le régime est une dictature militaire, le 4 janvier 2005 : « En Birmanie, dont on sait que le régime cultive le goût du secret ». Le manque d’informations ne surprend pas le journaliste (« on sait que ») qui fait une allusion à un savoir supposé être partagé. La situation en Birmanie permet de justifier le fait qu’il y ait peu de références sur cette région mais elle souligne également, les différences entre les pays pauvres et les pays riches. L’information sur le tsunami est l’occasion pour TF1 de repenser le discours sur les quatre états présentés dans ce chapitre, selon le concept d’interévénementialité.