12.3 Pouvoirs et acteurs des pays touchés

Parmi les acteurs politiques des pays touchés qui apparaissent dans le journal de TF1, figurent : le Président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono, la présidente sri lankaise Chandrika Banbaranaike Kumaratunga, l'ambassadeur du Sri Lanka à Paris Ananda Goonasekera, le Premier ministre indien Manmohan Singh et le Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra. Ces cinq acteurs témoignent de l'importance accordée par TF1 aux quatre pays les plus touchés : l'Indonésie, le Sri Lanka, l'Inde et la Thaïlande. L'action des politiques asiatiques s’inscrit dans l'urgence et la gravité de la situation. La première étape est d’aider les populations : « Mon cœur va vers toutes ces familles qui ont perdu un ou plusieurs êtres chers dans cette tragédie. Depuis ce matin je suis en contact permanent avec le gouvernement afin d'obtenir le maximum de moyens et apporter coopération, soutien et aide pour tous ceux qui en ont besoin »622. Rapidement, l'aide extérieure semble indispensable aux yeux de la plupart de ces acteurs politiques : « J'ai demandé aux Nations Unies de coordonner dans les plus brefs délais, l'aide d'urgence, les médicaments et la nourriture à envoyer sur place »623. S'exprimant en français lors de la visite de Michel Barnier, la présidente sri lankaise en appel à la générosité française : « Il y a pas mal de chemins, de chemins de fer, des écoles, des bâtiments...euh...des hôpitaux qui ont été…euh…détruits »624. Dans un pays où la guerre civile entre le gouvernement et les rebelles Tamouls fait rage, les premiers jours après la catastrophe soulèvent un espoir de paix, relayé par le Premier ministre : « Notre présidente a dit : oublions nos différences. Nous devons travailler ensemble, pour remettre le pays debout. Sinon, la situation sera pire encore. Tout ceci, je l'espère, je prie pour cela, nous aidera dans le futur à unir le pays »625.

Comme nous l'avons souligné en chapitre 10, les relations internationales entre pays occidentaux et asiatiques ne sont pas toujours bonnes et certains pays asiatiques mettent un frein à l'afflux de l’aide humanitaire : «Alors effectivement, l'Inde refuse, depuis le début, et systématiquement, toute aide internationale en disant qu'elle n'en a pas besoin et qu'elle a même les moyens d'offrir son aide au pays voisin qui est le Sri Lanka, qui a été beaucoup plus durement touché ». Cette attitude de fermeture suscite des interrogations chez le journaliste : « Ceci dit, si l'aide, si l'Inde refuse l'aide internationale, en même temps et c'est un peu paradoxal, fait appel aux dons privés. Et c'est ainsi que depuis quelques jours, on peut voir à la télévision...euh...en Inde, des spots de publicité du gouvernement..euh...qui demande aux habitants de bien vouloir euh ouvrir leur portefeuille et faire des dons, le plus de dons possibles, pour aider les sinistrés ». Le problème posé par une telle politique est, selon TF1, que la situation est grave et que les populations s'impatientent en ne voyant pas l'aide arriver : «Alors les sinistrés eux, ils trouvent que l'aide du coup, met un peu de temps à venir, c'est ainsi qu'il y a quelques jours, dans deux villages du sud de l'Inde, les habitants ont manifesté. Ils ont carrément monté des barrages à l'arrivée des secours en leur disant "vous arrivez trop tard, on s'est débrouillé sans vous, on a pas besoin de vous" »626. Le tsunami est véritablement une épreuve pour les pouvoirs politiques et la gestion interne des pays touchés le prouve. La forme de gouvernement est bien souvent un frein au relèvement, comme en Thaïlande où la construction démocratique est encore difficile. Face à l’urgence, les autorités se doivent malgré tout d'agir en fonction : «Il y a encore 24 heures, les autorités thaïlandaises exigeaient des empreintes digitales et une photo pour tous les rescapés qui voulaient rentrer chez eux. Aujourd'hui quand on est en bonne santé, il suffit de donner son nom pour obtenir un laissez-passer. Face à l'afflux massif des blessés, les autorités thaïlandaises ont, semble t- il, décidé de se montrer un peu plus compréhensives »627. Cet exemple montre comment la catastrophe naturelle rejaillit sur les décisions politiques et diplomatiques d’un pays comme la Thaïlande. L’urgence et la confusion obligent le gouvernement à se montrer plus souple pour éviter que la crise ne s’enlise.

Notes
622.

Speech du Premier ministre indien, extrait du sujet n°4 de Catherine COMBES, diffusé le 26 décembre 2004.

623.

Speech du président indonésien, extrait du sujet n°3 de Cyril AUFFRET, diffusé le 27 décembre 2004.

624.

Speech de la présidente sri lankaise, extrait du sujet n°21 de Nahida NAKAD, diffusé le 28 décembre 2004.

625.

Speech du Premier ministre sri lankais, extrait du sujet n°26 de Marie-Claude SLICK, diffusé le 30 décembre 2004.

626.

Intervention en duplex de Michèle FINES le 29 décembre 2004.

627.

Sujet n°19 de Guillaume HENNETTE, diffusé le 28 décembre 2004.