13.2.2 « populisme religieux » : les miracles dans le discours de TF1

L'importance du vocabulaire lié au fait religieux inscrit le discours de TF1 dans une quête de sens. La catastrophe est inexplicable et inacceptable moralement. Le recours à une stratégie de l'émotion passe par la représentation de certaines situations sous une forme de déformation du fait religieux que sont les miracles. La construction d'une dimension miraculeuse fait contrepoids à la dimension tragique des décès survenus en masse. Quelle est la définition même d’un miracle, terme si souvent utilisé dans le discours de TF1 ? Il appartient en partie au domaine de la religion. Du latin mirari, « s'émerveiller », le terme « miraculum » désigne un événement transcendant apparemment les pouvoirs humains et les lois de la nature, attribué à une intervention divine ou à des forces surnaturelles. Les références de TF1 à des « miracles » sont toujours replacées dans leur contexte, celui d’une épouvantable tragédie. C'est aussi une manière de mettre ces miracles en avant. Nous avons remarqué que les témoins, eux-mêmes se voient comme des miraculés : « après on s'est dit, on doit avoir eu ce jour là une bonne étoile et...euh...effectivement on est des miraculés ». Dans cette approche des événements se dessinent les différences culturelles et la confrontation entre responsabilité divine et responsabilité humaine : «c'est Dieu qui nous inflige tout ça »720.

Notes
720.

Témoignage d'un pêcheur sri lankais, extrait du sujet n°10 de Michel SCOTT, diffusé le 3 janvier 2005.