Conclusion

Humour, ironie et silence : ces trois éléments ont pour point commun de mettre le langage à distance. S’agit-il pour la fiction, en prenant des libertés avec le langage, de dire que l’événement représenté n’a pas de sens ? Ce que l’on peut dire, c’est qu’en tant que médiation esthétique, la fiction offre une représentation où l’identité du spectateur est en fait sublimée car elle se situe hors de l’expérience réelle, du politique : c'est-à-dire sur le plan de l’idéal. Fiction et information proposent toutes deux une représentation de la catastrophe, mais celle-ci est éloignée temporellement pour la fiction alors que ce n’est pas le cas pour l’information. La représentation médiatique fonde l’identité politique du spectateur en lui proposant une interprétation politique et idéologique de l’événement alors que la fiction fonde une identité sublimée laissant libre cours à l’interprétation personnelle. D’autre part, la place de la métaphore du tsunami dans l’espace public, autre forme de distanciation, apparaît, selon, nous, comme l’expression d’une identité distanciée du tsunami.