4.2.1. Les mythes comme résurgence du sémiotique

Nous préférons utiliser le terme de « sémiotique » que celui d’« inconscient » car le premier, plus global, renvoie aussi à la dimension des pulsions et de l’instinct, enfin à tout ce qui définit l’individu en-dehors du processus de socialisation476. Nous ne pensons pas comme Julia Kristeva que le sémiotique signalise un état présocial sous un angle chronologique, mais plutôt que les deux sphères du sémiotique et du thétique s’imbriquent l’une dans l’autre dès les premiers mois de l’enfance. Mais cette réflexion sort du cadre de notre travail et nous nous tiendrons au fait que les catégories du sémiotique et du thétique nous semblent avoir ici une valeur cognitive pertinente.

Cette partie se réfère, pour une grande part, aux recueils Landaufenthalt et Zaubersprüche, dans la mesure où elle traite des problématiques propres à un individu résidant dans le système autoritaire fortement contraignant prévalant en République Démocratique Allemande. Il ne nous est pas possible, dans le cadre de ce travail, de donner un tableau très détaillé des différentes contraintes pesant sur les citoyens est-allemands, tout au plus y ferons-nous allusion par moments. D’une part, nous serions obligée pour des raisons pratiques de recourir à des simplifications et raccourcis non souhaitables, d’autre part nous pensons que ces phénomènes sont dans leur grande majorité bien connus des cercles scientifiques. Enfin il s’agit là d’un domaine où le sentiment subjectif d’un auteur joue un rôle déterminant.

Notes
476.

Rappelons que nous donnons notre propre définition des concepts du sémiotique et du thétique, que nous empruntons à Julia Kristeva, à la fin du point 1.4.2. de notre première partie, dédié à l’exposition des théories du langage que la linguiste développe dans son ouvrage La révolution du langage poétique. L’avant-garde à la fin du XIX e siècle : Lautréamont et Mallarmé, Paris, Éditions du Seuil, 1985.