Sur le plan économique, deux faits majeurs sont à considérer dans l’énonciation des discours sur le paludisme au Cameroun :
- Le premier fait est l’arrêt des campagnes de pulvérisation communautaire des insecticides, et notamment du DDT au motif qu’une telle stratégie de prévention de la maladie était un investissement trop onéreux dans des pays où les systèmes de santé étaient à peine existants et peu performants.
- Ensuite, la décennie 1980 a été marquée par la survenue d’une crise économique ayant des répercutions dans le domaine de la santé publique. L’Etat, ne pouvant plus continuer à supporter tout seul les dépenses de santé des populations, a commencé à examiner des solutions alternatives. Les discours sur la lutte contre les maladies ont progressivement intégré la contribution financière des patients à leurs soins, notamment à travers des stratégies d’autofinancement de la santé par les individus et les communautés. C’est du reste le principe de l’initiative de Bamako79 vulgarisée depuis son adoption en 1987. Le financement de la prévention secondaire du paludisme n’a pas fait exception à cette règle car, les antipaludéens qui étaient distribués gratuitement pendant les campagnes de chimioprophylaxie de masse, ou donnés gratuitement dans les formations sanitaires, sont progressivement vendus aux patients pendant cette période. Le rapport de la conférence ministérielle d’Amsterdam sur le paludisme relève justement dans l’examen des expériences des pays, le manque de fonds dans le secteur de la santé, accentué par la crise économique du moment (OMS, 1992 :7). Quelle a été l’évolution du discours politique sur cette prévention ?
Il s’agit d’une stratégie adoptée à Bamako, Mali au cours d’une réunion organisée par l’OMS et qui vise à faire supporter une partie des dépenses de santé par un paiement direct des patients qui viennent se soigner dans une formation sanitaire.