3.4.2– Le modèle en spirale des stades du changement de comportement

Dans le modèle original de Prochaska et DiClemente, les composantes étaient organisées de façon linéaire, allant de l’étape de la pré-contemplation jusqu’à celle du maintien du comportement d’un individu. Toutefois, après avoir observé les gens modifier graduellement leur comportement, Prochaska, DiClemente et Norcross (1992) ont conclu que les stades ne suivaient pas une progression linéaire, mais qu’ils faisaient plutôt partie d’un procédé cyclique (en forme de spirale) pouvant varier selon les individus (Sullivan, 1998). Selon cette nouvelle conception du modèle, la démarche de changement de comportement d’une personne entraîne habituellement des rechutes aux niveaux précédents, ainsi que des écarts de conduite temporaires et isolés (Watson et Tharp, 1997 ; cités dans Sullivan, 1998). Cependant, si un individu revient à un stade précédent, il ne devrait normalement pas perdre les progrès et le cheminement effectués dans sa démarche. La progression au prochain stade peut survenir plus rapidement qu’avant, en raison de l’expérience acquise lors des stades antérieurs (Sullivan, 1998). La problématique de progression et de rechute, à laquelle ces auteurs font allusion, présente une fois de plus le caractère ambigu, complexe, incertain et imprédictible du comportement humain. C’est cette ambivalence qui justifie l’incompréhension du comportement sexuel désordonné des adolescents face au VIH/Sida.

La figure ci-dessous illustre le caractère cyclique des stades du changement en expliquant brièvement chacun de ces stades.

Figure 9: Modèle en spirale des stades du changement de comportement

Source  : The communication Initiative (2002 a)

A la lumière de la figure 9, nous constatons que l’une des propriétés remarquables du schéma de Prochaska et ses collaborateurs est qu’il n’est pas linéaire, mais circulaire. On peut le dessiner comme une spirale, en y incluant ce qui n’est pas un stade, mais une transition entre deux stades, la rechute. C’est probablement ce qui fait la valeur opérationnelle de ce modèle : en qualifiant la rechute d’état transitionnel, normal en quelque sorte, explicable, voire obligatoire, ils la dédramatisent et permettent au soigné ou au soignant de la dépasser et de reprendre plus aisément la progression. En rechutant, la personne se retrouve à un stade antérieur, plus souvent la préparation que l’indétermination. Mais, ce n’est pas tout à fait la même qu’avant, car elle est plus riche de l’expérience vécue, et la reprise de la progression sera facilitée par les acquis. C’est pourquoi le modèle en spirale en trois dimensions est plus représentatif de cette progression qu’un simple cercle.

Ce modèle s’est avéré plus approprié dans le cadre clinique et il est plus riche que le modèle transthéorique. Car il tient compte des difficultés qu’il était possible de rencontrer au cours de la démarche de changement de comportement. Il a ainsi permis de mieux comprendre les retours dans les phases précédentes et les variations individuelles observées. Il peut bien être également exploité dans la lutte contre le VIH/Sida.