6.1.1.9- Décision du port du préservatif et antécédents de l’objet

Un test du khi-deux confirme, au risque de 10%, l’influence des antécédents de l’objet sur la décision des adolescents-élèves de se protéger. Ainsi, seulement 35% des adolescents-élèves subissant par ailleurs une influence totale des antécédents de l’objet n’ont eu aucun rapport sexuel non protégé au cours des trois mois précédant la deuxième phase de l’étude.

Tableau 76. Répartition des adolescents-élèves sexuellement actifs en fonction de l’influence des antécédents de l’objet et de la décision d’utiliser un préservatif au cours des trois derniers mois précédant la deuxième phase.

Source : Nos calculs

L’impression générale qui se dégage de la lecture du tableau ci-dessus est que les antécédents du préservatif exercent une influence significative sur son usage ultérieur. Les adolescents qui ont une expérience négative (préservatif percé ou préservatif ayant freiné le plaisir) du préservatif ne l’envisagent pas à la prochaine occasion. Les individus ont tendance à éviter ce qui constitue un obstacle à leur plein épanouissement. Si le préservatif constitue un obstacle au plaisir, il est facile de comprendre pourquoi après un premier échec, les adolescents ne l’envisageraient plus ou pire encore ne l’introduiraient plus dans leurs habitudes sexuelles.

Taylor et Todd(1995), dans leur étude sur les antécédents de l’attitude, montrent que ceux-ci exercent une influence significative sur la formation des attitudes. Plusieurs études menées aux Etats-Unis ont lié les antécédents du comportement sexuel au comportement sexuel ultérieur. Les empiristes, à l’instar de John Locke et James Smill, montrent que l’expérience est le premier organisateur de l’esprit. Si, à la naissance l’esprit humain est confondu à une « tabula rasa », il est évident qu’il se constitue des expériences de chaque individu. L’expérience du préservatif est donc déterminante pour son usage régulier ou son non usage. En d’autres termes, la décision d’utiliser un préservatif pendant l’acte sexuel dépend de l’expérience que les adolescents en ont.

Nous avons trouvé judicieux de tester l’influence des variables supposées de résistance sur l’action « porter un préservatif ». Après avoir évalué les intentions des participants, il aurait été marginal de prétendre que leurs intentions ne se sont pas accomplies parce que des variables non préalablement testées s’y sont opposées. L’objectif principal de cette première analyse était de voir si les variables retenues avaient exercé une influence sur le comportement (la décision du port du préservatif) des participants. A l’exception de la négociation et la force de l’habitude, toutes les autres variables (la pression psychosociale, le contexte, le but de l’action, l’inertie cognitive, la force de l’affectivité, les circonstances de l’action et les antécédents de l’objet) ont exercé une influence statistiquement significative sur la décision du port du préservatif. Il reste maintenant à voir si cette influence était en accord avec les intentions. Dans le cas contraire, ces variables seraient considérées comme intermédiaires entre intention et action.