6.1.5- Intentions défavorables et port effectif du préservatif

Dans les paragraphes précédents, nous n’avons considéré que les participants ayant des intentions favorables en matière de port du préservatif ; nous avons notamment étudié les raisons du comportement « anti-intentionnel » négatif. Quoique très marginaux, il importe cependant de prendre en considération les 6% d’adolescents-élèves qui n’avaient aucune intention de porter le préservatif. La nécessité de considérer ce groupe est d’autant plus forte que 80% des adolescents-élèves n’ayant aucune intention de port du préservatif n’ont pourtant eu aucun rapport sexuel non protégé au cours des trois mois précédant la deuxième phase de l’étude. Il serait donc pertinent de faire des croisements statistiques en vue de déterminer les raisons, de l’avis des adolescents-élèves, pour lesquelles ils ont eu un tel comportement « anti-intentionnel » positif.

Il ressort notamment de nos analyses que 83% des adolescents-élèves ayant des intentions défavorables vis-à-vis du port du préservatif et qui n’ont pourtant eu aucun rapport sexuel non protégé ont été motivés par le désir d’éviter les MST/Sida et les grossesses non désirées.

On conclut donc que le désir d’éviter les MST/Sida et les grossesses non désirées est la raison majeure qui a amené les adolescents-élèves à se protéger alors qu’ils n’en avaient pas l’intention. Cette conclusion est exactement la même lorsqu’on considère les autres 6% d’adolescents-élèves qui avaient des intentions neutres au sujet du port du préservatif au cours des mois à venir. Il est quand même préoccupant de constater que la majorité des adolescents qui ne manifestaient aucune intention de porter un préservatif pour se protéger, l’ont porté pendant leurs rapports sexuels et justifient leurs actes par des raisons de protection. Il est paradoxal également d’être indécis vis-à-vis d’un objet de prévention et d’utiliser cet objet pour se protéger. Il est possible de conclure à partir des résultats qu’il existe des individus qui ont pourtant de bonnes intentions mais qui n’arrivent pas à les décrire (ou à les exprimer). Car, il n’est pas pensable qu’il y ait action sans intention. Si c’est le cas, on peut conclure qu’on peut être en relation avec un objet, sans mentalement le percevoir, le construire, le représenter.