1.4.3.2. La boucle phonologique

C’est la composante du modèle de mémoire de travail la plus connue « parce que je la soupçonne d’être la plus simple » écrit Baddeley (1993, p. 84). Ce système auxiliaire de l’administrateur central est doté de deux éléments : une unité de stockage phonologique, à capacité limitée, pouvant contenir les informations verbales présentées auditivement ou visuellement, et stockées sous forme de code phonologique. L’information sauvegardée est maintenue dans le registre phonologique pendant une seconde et demie à deux secondes. Au-delà de cet intervalle, si l’information n’est pas rafraîchie puis réintroduite dans l’unité de stockage grâce au processus de contrôle articulatoire, elle disparaît du stock phonologique.

De plus, un processus de contrôle articulatoire, à la base de l’autorépétition subvocale, responsable de la conversion, en un code phonologique, de l’information verbale présentée visuellement (sous forme d’un mot écrit ou d’une image) préalablement à son entrée dans l’unité de stockage phonologique. De plus, ce mécanisme est chargé de rafraîchir les traces mnésiques contenues dans l’unité de stockage phonologique.

Son rôle dans la compréhension de texte n’apparaît clairement que dans certaines situations de lecture requerrant un codage phonologique particulièrement fiable. Si le déchiffrage du texte n’est pas suffisamment maîtrisé, la compréhension s’en trouvera altérée. Cette liaison s’avère d’autant plus forte que l’enfant est en début d’apprentissage de la lecture. Les traitements phonologiques sont fondamentaux pour l’acquisition de la lecture. Il est probable que la boucle phonologique intervienne pour retenir momentanément la forme phonologique construite à partir de la combinaison des différents phonèmes d’un mot lu. Les travaux de Gathercole et Baddeley (1989), menés chez des enfants de quatre ans, mettent en évidence l’existence d’un lien fort entre le développement de certaines compétences linguistiques notamment lexicales, et les capacités de mémoire verbale immédiate. Ils en déduisent que la capacité de constituer en mémoire de travail des représentations phonologiques correctes joue un rôle dans l’acquisition du vocabulaire en langue maternelle chez l’enfant.

La mémoire phonologique, contrôlée par la boucle phonologique, exerce une influence directe sur le vocabulaire, la conscience phonologique, le déchiffrage, qui sont supposés dépendre d’un certain niveau de maintien de l’information sous forme phonologique. Or la compréhension reçoit les influences directes de ces trois éléments. Ainsi, par l’intermédiaire de ces compétences (acquisition du vocabulaire, apprentissage de la lecture), la boucle phonologique exerce une influence sur la compréhension des textes en lecture.