Conclusion

Nos différentes études ont permis d’apporter des précisions sur la conservation de la cohérence d’une représentation mentale d’un texte. Lorsqu’un texte contient une information spatiale non pertinente avec la situation décrite, celle-ci est, dans un premier temps, mise en arrière-plan du modèle de situation en cours de construction, puis est définitivement supprimée si elle n’est pas réactivée. En ce qui concerne une information incohérente elle est immédiatement inhibée de façon automatique. Nous retrouvons donc des caractéristiques décrites par Kintsch (1988, 1992, 1998) et par Gernsbacher (1990). Le processus d’inhibition défini par Kintsch (1988, 1992, 1998) intervient précocement pour des informations textuelles incohérentes de façon précoce et le mécanisme de suppression de Gernsbacher (1990) intervient de façon plus tardive pour les informations non pertinentes et incohérentes du texte. Lorsqu’une information est inhibée, elle est encore présente en mémoire et elle peut être réactivée par contre, une information supprimée n’est plus active en mémoire. Ainsi lors de la construction du modèle de situation d’un texte, l’inhibition et la suppression entrent en jeu à différents moments pour maintenir la cohérence lors des mises à jour. Il serait intéressant de tenter d’étudier de façon précise à quel moment le modèle de situation est mis à jour, si cela intervient à un rythme régulier lors de la lecture d’un texte ou bien lors de la détection d’une incohérence ou bien encore dès que la mémoire de travail du sujet est saturée.

Nos résultats sur les capacités mnésiques des sujets sont insuffisants pour apporter des réponses quant à l’influence du calpin visuo-spatial de la mémoire de travail dans la construction du modèle de situation. Nous pensons qu’il faudrait envisager d’étudier de façon plus globale les capacités visuo-spatiales des sujets afin de pouvoir les mettre en lien avec la construction d’un modèle de situation spatial.

Enfin, pour apporter de la valeur à nos recherches, il nous semble que nous pourrions comparer la mise en place de l’inhibition et de la suppression pour d’autres dimensions des textes, comme par exemple la dimension temporelle. En effet, il nous semble que l’étude du cadre spatio-temporel d’un texte apporterait des éléments supplémentaires sur la conservation de la cohérence lors de la construction de la représentation mentale d’un texte.

Dans la continuité de nos travaux, deux axes de recherche nous semblent intéressants à envisager :